—Évidemment!
—Il n’y a rien de triste comme un ménage sans enfants.
—C’est certain...
—Ainsi, voilà les Nattier... Vous connaissez bien monsieur Nattier?... Un blond, beau garçon, très chic. Vous l’avez rencontré chez moi...
—Oui... en effet... Je me souviens...
—Il a épousé une demoiselle très bien, jolie, d’excellente famille... une belle éducation—elle a son brevet—et une belle dot... et orpheline!... Pas de famille, rien qu’un oncle très âgé, toujours malade... Enfin ils avaient tout pour être heureux.
—Et ils sont heureux?
—Ils le seraient... mais la jeune femme vient de faire une fausse couche, et elle est restée... elle restera... Enfin, les docteurs ont dit qu’elle n’aurait jamais d’enfants.
Une lueur passe dans les yeux bleu sombre de Josanne, et c’est avec un accent indéfinissable qu’elle répond:
—Une jolie femme, une jolie dot, un vieil oncle riche et quasi moribond... C’était trop beau! monsieur Nattier ne peut pas avoir tous les bonheurs.