—Enfin!

—Quoi donc?

—Nous arrivons.

—Déjà!

—Comment, déjà!... Je ne suis pas comme vous: le temps me dure en voyage!... Mais, avec vous, madame Valentin, c’est un plaisir...

Josanne, fébrilement, rassemble son sac, deux ou trois petits paquets. Elle éprouve une sorte de colère contre madame Grancher qui lui a gâté le charme de la rêverie et de l’attente... Hélas! depuis une heure, Josanne n’a parlé que de Maurice... Elle a volé à l’amour cette heure qu’elle lui devait. Est-ce possible?

Elle a dans les yeux des larmes de rage. Honteuse et furieuse, elle souhaite presque que Noël ne soit pas là... Mais il est là... Elle l’aperçoit sur le quai.

Les Beaucerons et la paysanne descendent avec une lenteur gauche, des criailleries et des précautions... Le soldat, jovial, leur passe des paniers, des paniers, des paniers... Puis la sœur descend à son tour, puis le fantassin, puis madame Grancher.

—Donnez-moi l’enfant! dit-elle.

Elle attrape Claude au vol. Josanne sent que Noël se rapproche, qu’il va la voir, et elle perd la tête.