—Je le serai...
—La sincérité, Josanne, c’est la règle de ma vie. Je me suis imposé de ne jamais mentir, et, quand j’ai failli à ce devoir, je me suis senti humilié et diminué... Et c’est pourquoi je vous ferai, moi aussi, moi d’abord, ma confession. Vous me connaîtrez avec mes faiblesses. Oh! rien de bien grave... Et vous m’accepterez, tel que je suis, avec indulgence, puisque vous m’aimez.
—Et vous, Noël, m’accepterez-vous telle que je suis?
—Oui, d’avance, et les yeux fermés...
—Ah! comme je vous aime!
—Dites-le-moi encore!
—Je vous aime...
—Encore... encore!... toujours!...
—Je vous aime, je vous aime, je vous aime...
Apaisés, enlacés, ils vont dans l’ombre verte, sur la verte mousse. Le sentier côtoie la petite rivière qui luit et glisse, écumeuse dans les remous, argentée sur la pente des barrages, sombre comme une sombre émeraude dans la coupe noire des rochers. Le ravin s’ouvre, s’élargit en vallée pour contenir des prairies, des maisons, un étang couleur d’étain. Et le ciel reparaît, avec des trouées blanches, des flèches de rayons, des nuages en boule qui pèsent sur l’outremer des collines.