—Vous pleurez!... Moi, je n’ai pas pu pleurer...
—Mon Dieu! est-ce bien nous qui nous sommes dressés l’un contre l’autre en adversaires?... Nous qui nous aimons!...
—Josanne, Josanne, dites-moi que vous n’aimez plus cet homme!
—Je ne l’aime plus...
—Dites-moi que vous ne l’avez pas aimé, vraiment aimé...
—Je ne peux pas dire cela, Noël!
—Ah!
—Ma conduite n’avait qu’une excuse: l’amour... Si j’avais cédé à un caprice, m’estimeriez-vous davantage?
—Je ne sais pas... Je souffrirais moins... Un caprice, c’est vite oublié... J’en ai eu, moi, des caprices, que j’appelais des amours!... Qu’en reste-t-il?... Pas même de la cendre... rien... rien... Mais vous!... En parlant de cet homme, tout à l’heure, vous étiez remuée, malgré vous... Ah! j’ai eu un instant de colère aveugle!... Maintenant, ma violence n’est plus que de la douleur!... Josanne! ma chérie, mon amour, j’engage la lutte contre un ennemi voilé, inaccessible, qui se dérobe au plus obscur de vous-même: le souvenir!... Josanne, aidez-moi!... promettez-moi que je vaincrai!... Dites-moi qu’à force de m’aimer, vous croirez n’avoir aimé que moi, n’avoir eu de joie, de peine que de moi?...
—Oui, mon bien-aimé!... J’en suis sûre... Laissez faire le temps...