Lui-même ouvrit la porte. Il était seul, ayant congédié son domestique. Les meubles avaient des housses, les tableaux et les miroirs étaient voilés, les parquets nus, les rideaux tirés sur les fenêtres. L’appartement sonore et sombre s’emplissait de silence et de soir.
Dans la chambre jaune, le beau reflet des stores s’éteignait. Noël ne voulut pas allumer la lampe.
—Comme tu viens tard! dit-il. Je ne veux pas te gronder... C’est une soirée d’adieu... Il faut qu’elle soit douce, sinon joyeuse... Mais qu’as-tu?
—Rien...
—Tu es triste?
—Je suis triste parce que tu t’en vas...
—Veux-tu que je reste?
—Quelle idée!... Tu as prévenu ton père.
—Tu n’as qu’à dire: «Reste!» Je resterai... Toi d’abord!
—Cher Noël! tu me sacrifierais tout, tes affaires, tes plaisirs, tes amis et tes parents!... Mais je n’ai pas de sots caprices... Tu partiras ce soir, mon amour... Seulement, avant de partir, aime-moi beaucoup, plus que d’habitude! J’ai du chagrin...