Elle frémissait.
—Quelle maladie effroyable, la jalousie!... Toi, un homme si droit, si généreux, tu as presque souhaité qu’un pauvre petit enfant... mon enfant... Oh!...
—Ne m’accable pas, Josanne!... J’ai beaucoup souffert. C’est mon excuse.
—Et moi qui t’avais vu souffrir, je craignais de provoquer, ce soir, une nouvelle crise... Mais, sous tes lèvres, mon chéri, la confidence est montée à mes lèvres... Il faut que tout nous soit commun, joie et douleur... Noël!
Elle le tenait embrassé, et il voyait luire ses prunelles humides.
—Noël, je me mets, avec mon enfant, sous ta protection. J’en appelle à ta générosité contre ta jalousie... Je te confie mon petit Claude. Jusqu’ici, tu l’as toléré seulement... Mais je crois, je sais qu’un jour, bientôt, tu l’aimeras! Lui, déjà, il t’aime... Il ne connaîtra que toi; il ne chérira que toi; il recevra de toi seul l’éducation, les idées, qui constituent la paternité véritable. Il sera le fils de ton esprit et de ton cœur, si tu veux... C’est un enfant; il n’a pas de passé; il n’a pas de mémoire. Sa petite âme est toute blanche...
—Va! Josanne! j’ai chassé le mauvais démon... Et je prends Claude, puisque tu me le donnes... Apaisons-nous!... Cette scène m’a brisé... Mon Dieu! que tout cela est triste, horriblement triste!... Cette chambre a un air lugubre... Sortons... Nous irons dîner au Bois, veux-tu?... Ah! notre dernière soirée!...
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XXXV
Ils sortirent. C’était la nuit, la pluie impalpable et pénétrante.