Josanne pense à mademoiselle Bon, l’ardente féministe:
«Je lui raconterai cette histoire... Et, dans l’Assistance féminine, elle dira leur fait aux «dames charitables du Cintième»... Quelle rage de fourrer la morale partout... jusque dans la charité!... A qui profitera-t-elle, la morale, dans le cas présent?... Ni aux enfants, ni à la mère, mais à cette «gouape» de Martin!...»
Josanne remonte la pente raide de la rue Lhomond, un peu essoufflée... Elle a chaud... Le filet pèse à son bras.
A l’angle de la rue Vauquelin, un jeune homme fait les cent pas sur le trottoir. Il se retourne... Mais déjà elle l’a reconnu:
—Maurice!...
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VII
Elle a honte de sa robe, de ses gants raccommodés, de ce filet qu’elle tient. Mais, tout de suite, d’instinct, elle sent que Maurice ne voit rien d’elle, rien que son visage anxieux. Il est pâle. Il balbutie. La concierge lui a dit que madame Valentin était partie pour faire son marché... Depuis une heure, il rôde de la rue Amyot à la rue Lhomond...
Tout l’amour obstiné, tout le brave amour de Josanne frémit dans le cri qu’elle jette:
—Tu as besoin de moi?