Il essayait d’être loyal, mais les mots disaient trop ou trop peu. L’habitude de l’atermoiement, du détour gênait sa volonté réelle de sincérité. Il cherchait malgré lui les phrases prudentes qui ne le compromettaient pas. Et il souffrait de ne pas oser l’expression exacte et véridique, de ne pas trouver l’accent qui convainc. Il essayait d’expier sa faute en l’avouant,—et il se justifiait encore... Il parlait de sa famille, de sa situation.

Et tout à coup:

—Des phrases, tout ce que je dis!... Des phrases qui n’expliquent rien, qui vous irritent, qui me rendent ridicule ou odieux!... Je voudrais parler selon mon cœur; je ne peux pas.

Josanne répondit:

—Maurice...

Sa voix était changée... Que Maurice fût humble devant elle, et, cette fois, enfin, prêt à pleurer, c’était assez pour que sa rancune tombât.

—Maurice... laissez les phrases... Et si c’est mon pardon qu’il vous faut pour vivre en paix, eh bien! je vous le donne...

Il demeura figé sur place. Quoi! si vite, si simplement, elle pardonnait?

—Ah! chère Josanne, je vous reconnais là!... Si bonne, si généreuse!... Je n’espérais plus...

Elle murmura: