Duretour se moquait de sa jaquette collante et Bergeounette, qui l'avait dénommé M. Pritout, disait qu'il avait l'air d'un vieux meuble sur lequel on aurait laissé choir un pot de vernis.

En les écoutant Mme Dalignac riait et reprenait son calme. Elle était persuadée que l'abondance du travail lui procurerait le moyen de se libérer rapidement de toutes ses dettes. Et à la voir si tranquille, je me persuadais moi-même que rien de grave ne pouvait la menacer.

La patience de M. Pritout se lassa vite, et les feuilles de papier timbré commencèrent d'arriver.

Mme Dalignac les lisait à peine. Elle les accrochait à un clou avec d'autres papiers sans importance et les oubliait aussitôt.

Clément, qui les lisait attentivement, s'en épouvantait et demandait conseil à Mme Doublé. Mais Mme Doublé ne donnait pas de conseils; elle se contentait de faire des reproches à sa belle-sœur et de renouveler ses offres.

Un dimanche matin elle entra chez nous, la face hardie et la voix résolue, en disant:

—Il faut pourtant nous entendre pour cette association.

Et tout de suite elle montra un carré de carton blanc où elle avait écrit en lettres noires: Doublé-Dalignac sœurs.

L'expression de lassitude qui s'étendit sur le visage de Mme Dalignac fut si vive que Mme Doublé perdit un peu de son arrogance et dit d'une voix moins rude:

—Je payerai vos dettes et nous rendrons les machines à ce Juif.