Je m'arrêtais. Il resta tout confus devant moi, puis une colère lui fit lever le poing, et une grande rougeur passa sur son visage tandis qu'il m'expliquait:
—Vous comprenez? Sa faute serait vite connue, mes camarades se moqueraient, et personne ne nous respecterait.
Il me parut soudain aussi malheureux que Gabielle, et je le quittai sans rancune.
Pendant tout une semaine, Gabielle eut un rire qui nous obligeait à la regarder chaque fois qu'elle le faisait entendre, puis un soir elle s'attarda encore, pour dire à Mme Dalignac:
—Je voudrais parler à Jacques au sujet de notre mariage.
XVIII
La saisie des meubles surprit Mme Dalignac comme une catastrophe. Elle consulta ses livres avec attention, compara ses dépenses avec son gain, additionna les sommes dont elle était redevable, et comprit enfin qu'elle s'était trompée en ne comptant que sur son courage et sa bonne volonté. Elle comprit en même temps que son atelier allait être détruit et que ses ouvrières seraient sans travail. Alors elle se jugea coupable de négligence. Et en pensant que tout était perdu par sa faute, elle cacha son visage dans ses mains et pleura.
Clément fut comme étourdi par la mauvaise nouvelle. Malgré tout, il avait conservé l'espoir de voir prospérer sa tante. Et s'il ne pleura pas comme elle, il mit aussi ses mains sur son visage.
Lorsqu'il fut plus calme, il chercha un remède au mal qui était dans la maison. Il n'en trouva pas d'autre que l'association Doublé-Dalignac sœurs. Il rappela les mots de Mme Doublé: «Je payerai vos dettes et nous rendrons les machines à ce Juif.» Et ce qu'il dit ensuite était si juste et si rassurant pour l'avenir que Mme Dalignac se laissa convaincre et s'abandonna.
Elle vécut peu d'heures tranquilles, car dès le lendemain elle regrettait la parole donnée. Elle disait tout angoissée: