Toutes les voix s'élevèrent pour dire les mêmes mots. C'était comme une bousculade de questions où il n'arrivait aucune réponse.
Et tout à coup Bouledogue fit entendre un sourd grondement, puis elle saisit le tabouret de Sandrine et le frappa sur le parquet avec tant de violence que les pieds s'écartèrent et qu'il s'écroula tout disloqué.
On ne sut pas contre qui allait la grande colère qui faisait relever tous les fronts.
Bergeounette semblait prête à se jeter sur quelqu'un, et la petite Duretour répétait, comme un reproche à l'adresse de Sandrine:
—Mais, puisqu'elle avait retrouvé son Jacques…
Mme Dalignac cessa vite de trembler. Son visage si doux d'ordinaire s'emplit de révolte, comme à l'annonce d'une injustice insupportable. Et pendant que le patron reprenait la lettre pour la lire à son tour, elle mit rapidement son chapeau et me fit signe de l'accompagner.
Tout était en ordre dans la chambre de Sandrine. On y sentait une odeur de parquet lavé, et le petit lit tout blanc semblait éclairer la chambre autant que le soleil d'avril.
Jacques était à moitié couché par terre. Il se releva péniblement pendant que Mme Dalignac lui demandait très vite:
—Comment cela est-il arrivé? Où est Sandrine?
Il tourna son visage vers le lit en répondant: