Jacques était toujours à moitié couché par terre. Il avait seulement remonté ses genoux qu'il retenait de ses doigts entre-croisés.

La voisine nous dit tout bas:

—Il dort comme ça depuis ce matin.

Jacques l'entendit. Il se releva en répondant:

—Je ne dormais pas, j'étais avec Sandrine.

Il était tout étourdi et dans le mouvement qu'il fit pour se retenir au mur, il dérangea une photographie des enfants qui resta accrochée de travers.

Le lendemain, à l'heure de l'enterrement, un homme entra chez Sandrine en tenant devant lui une longue boîte aux planches rugueuses. Son regard cherchait une place dans la chambre, et je dus sortir en même temps que Mme Dalignac pour laisser libre le petit espace du milieu. Mais malgré cela, quand l'homme coucha le cercueil entre le lit et la table, il heurta les pieds de Jacques qui s'était pourtant reculé jusqu'aux lambris de la fenêtre.

Un autre homme déposa le couvercle qu'il tenait entre ses bras, et tous deux soulevèrent la morte pour la mettre dans la longue boîte. Sandrine était enveloppée d'un drap déchiré, et ses mains croisées sur sa poitrine passaient par une ouverture.

Et tandis qu'un des hommes cherchait à lui mettre la tête bien d'aplomb, le mouchoir qui retenait ses boucles glissa et lui fit comme un large bandeau sur le front.

Jacques regardait sans rien dire; mais quand il vit poser le couvercle, il devint comme égaré. Il repoussa les hommes et il s'agenouilla près de Sandrine. Il souleva le bandeau qui la rendait semblable à une sainte toute drapée de blanc et il supplia: