Il faut donc prier : prier pour le petit enfant, prier pour l’écolier, prier pour la jeunesse en proie à toutes les effervescences et à tous les troubles de la sève en travail ; et il faut prier pour l’homme fait… et il faut prier, prier ardemment pour celui qui veut le mal !

Dieu, qui ne peut pas plus que nous, malgré sa Toute-Puissance, vouloir pour le pécheur, dispose cependant d’influences et de moyens que nous ne possédons pas pour transformer les affections d’un cœur et briser les attaches d’une volonté. L’homme élève : Dieu soulève. L’homme éclaire : Dieu aveugle, au double sens de projeter l’évidence ou de créer la nuit. Une cécité soudaine sert parfois de préface au renfort de la grâce…

Les voies de Dieu nous sont inconnues, mais nous savons qu’elles s’ouvrent devant la prière.

Ne désespérons donc jamais d’une volonté mauvaise, tant qu’un souffle de vie anime encore son possesseur.

On ne peut jamais, du reste, préjuger des directions futures que prendra ou conservera un vouloir humain. Tout demeure toujours possible, en fait de revirement et de volte-face, dans le bien comme dans le mal, à une conscience humaine. La vie est une partie qui ne se gagne ou ne se perd qu’avec la dernière carte jouée. C’est une lutte, dans laquelle chacun peut tour à tour succomber et se relever, sans jamais pouvoir avant la mort se déclarer vainqueur ou vaincu. A plus forte raison les témoins de cette lutte ne peuvent-ils connaître à l’avance son résultat final.

Ainsi donc, prière et confiance ! donnons-nous tout entiers à notre apostolat, en demandant à Dieu d’en faire mûrir les fruits. Ne croyons jamais à la stérilité fatale de nos efforts, ne doutons pas de la possibilité, mieux, de la probabilité de la moisson. Et pour assurer, de notre côté, dans toute la mesure où nous en sommes responsables, cette moisson, cette récolte que nos vœux appellent, commençons par nous appliquer nous-mêmes, à nous-mêmes, le programme et la tactique dont nous venons de parcourir les grandes lignes ; dressons-nous au bien ; enchantons-nous à son service ; instruisons-nous de lui de mieux en mieux, illuminons toujours davantage nos intelligences à son rayonnement divin. Et, en y entraînant tous ceux qui dépendent de nous, ceux que nous avons pour mission de guider, de diriger, de sauver, n’oublions pas que ce que nous faisons ne serait rien si Dieu ne le faisait avec nous ; et, puisque la prière est une des conditions qu’Il a mises à l’effusion de son secours, prions ! Prions pour les autres et prions pour nous-mêmes, prions pour l’établissement du bien dans le monde, pour le redressement des consciences et le couronnement des loyaux efforts.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !

FIN

TABLE DES MATIÈRES

Avant-Propos

[5]

I.

L’exercice ou le temps peuvent-ils créer oudévelopper la volonté ?

[7]

II.

Un traitement physique de la personnehumaine peut-il créer ou développer lavolonté ?

[18]

III.

Pouvoir. Savoir. Vouloir

[25]

IV.

Des directions diverses du vouloir

[35]

V.

L’attrait commandant au vouloir

[49]

VI.

Le devoir libérant le vouloir de la servitudede l’attrait

[58]

VII.

La notion divine du devoir

[70]

VIII.

La volonté appliquée à la connaissance

[80]

IX.

La volonté devant l’effort

[93]

X.

Action de la volonté sur la santé, l’intelligence,et leur transmission héréditaire

[110]

XI.

L’amour, et la volonté du moment

[127]

XII.

L’éducation de la volonté : le dressage

[137]

XIII.

L’éducation de la volonté : deuxième période

[145]

XIV.

L’éducation de la volonté : troisième période

[157]

XV.

L’éducateur en face de la mauvaise volonté

[164]