C'est vendredi que j'ai quitté Schlangenbad. Le samedi à cinq heures, j'ai descendu au Grand-Hôtel, où m'attendait ma tante. À la frontière française, j'ai respiré pour la première fois depuis que je suis sortie de France.
Je vous embrasse.
À sa mère.
Paris, Grand-Hôtel, 1875.
Chère maman,
Arrivée à cinq heures du matin, au Grand-Hôtel, il est six heures seulement et je vous écris déjà; cela vous prouve mon empressement.
Depuis quinze jours, j'ai respiré pour la première fois en revoyant la France. Je me porte à ravir, je me sens belle, il me semble que tout me réussira; tout me sourit et je suis heureuse, heureuse, heureuse!...
Je vous embrasse, bonjour.
Soignez-vous, ma mère, écrivez-moi et revenez vite.