Je sais bien que vous êtes au-dessus de lettres d'inconnues, vous ne pouvez pas être flatté d'un misérable hommage de femme venu à vous, etc. Mais le sentiment qui me force à vous écrire est insurmontable, et si je savais m'exprimer vous en seriez touché.

J'aurais voulu que vous fussiez seul et à plaindre. Voilà un sentiment très féminin, très romanesque et très ordinaire que j'imagine éprouver autrement que les autres.

N'allez pas penser que je sois remplie de tendresses ridicules. Je ne suis ni une aventurière ni même une femme qui pourrait avoir des aventures, quoique jeune. Seulement j'avoue que je suis assez folle pour avoir fait le rêve impossible d'une amitié par lettres avec vous. Et si vous saviez quel être formidable vous êtes à mes yeux, vous ririez de mon courage.

Je ne crois pas que vous me répondrez, on dit que vous êtes dans la vie un bourgeois fini.

Ça me ferait de la peine, mais agréez dans tous les cas, monsieur, l'hommage de la plus grande, de la plus raisonnée et de la plus pure des admirations.

À Monsieur ***.

Est-il possible que dans tout Paris et parmi les milliers de journaux qui y foisonnent il ne s'en trouve pas un seul où un homme n'appartenant à aucun parti ou plusieurs hommes appartenant à des partis différents puissent dire ce que bon leur semble, défendre ou attaquer un homme, une idée, sans pour cela s'inféoder dans un clan quelconque et subir une étiquette qui les range dans tel ou tel tiroir et les contraint à des réserves ou à des devoirs? Un journal indépendant en un mot et sans parti pris. Hélas! presque tous affirment ne pas avoir de parti pris et tous sont intolérants, routiniers et obstinés.

Où est la feuille républicaine qui rendra justice à une idée intelligente d'un clérical? On me dira que ces gens-là n'ont pas ces idées-là. Mais supposez qu'ils en aient.

Où est la feuille réactionnaire qui n'attaque pas tous les jours, bêtement, platement, ennuyeusement la République?

Il y a les feuilles dites ministérielles qui approuvent tout ou se taisent quand il faut blâmer. Celles-là manquent de patriotisme.