Hier, j'étais gaie en écoutant le Stabat de Pergolèse, qu'on a rechanté pour la princesse Marguerite, et dont les accents divins me remplissent le cœur et les oreilles, ce soir je suis énervée.

Maman et Dina sont à San Carlo. Je suis restée à la maison, ce qui a causé une petite escarmouche domestique dans laquelle j'ai joué un rôle tout à fait passif. Depuis quelque temps, je suis si raisonnable et tranquille que c'est effrayant. Je m'ennuie, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse!

Je ne puis pourtant pas m'amuser à me monter la tête pour un imbécile et même pour un homme d'esprit. Ce genre de divertissement ne me sourit que comme un accessoire.

Je crois que j'écris des bêtises; ne prenez de ma lettre que ce qu'il faut.

Les sérénades continuent. Voudriez-vous que cet espagnol amusement me fût interdit! Bon Dieu, que vous êtes sévère!

C'est un tas de choses qui me retiennent à Naples; je vous raconterai tout cela. C'est vide, mais cela fait passer les journées!

Au revoir. Injuriez-moi plus souvent, cela me fait un bien immense.

Tout à fait à vous.

À sa tante.

Florence, 1877.