Mais qu'est-il besoin d'insister auprès du public? En présence des œuvres de Marie Bashkirtseff, devant cette moisson d'espérances couchée par le vent de la mort, il éprouvera certainement, avec une émotion aussi poignante que la mienne, l'affreuse mélancolie qu'inspirent les édifices écroulés avant leur achèvement, les ruines neuves, à peine sorties du sol, que le lierre et les fleurs des murailles ne cachent point encore.
Que dire, surtout, à la mère, dont le désespoir fait mal et fait peur? À peine ose-t-on la supplier, en lui montrant le Ciel, de détourner ses regards de l'impassible nature, qui ne livre à personne le mystère de ses lois et ne dit même pas si elle a besoin du génie naissant d'une jeune fille pour augmenter l'éclat et la pureté d'une étoile.
François Coppée.
Paris, 9 février 1885.
Note 1: [(retour) ]
Cette préface a paru en tête du catalogue des œuvres de Marie Bashkirtseff, lors de l'exposition qui fut faite en 1885. L'auteur a bien voulu nous permettre de reproduire ici ces pages intéressantes et difficiles à retrouver.
LETTRES
DE
MARIE BASHKIRTSEFF