Au lever de l’aurore nous sommes réveillés par les sons d’une musique criarde et discordante. On dirait plutôt un charivari. Qui pourrait croire que de tels accords sont adressés au dieu? C’est pour le réveiller.

De fait, cette sauvage musique ne peut manquer son effet. Pendant un quart d’heure on se livre à ce bruyant exercice. Enfin, quand le dieu est réveillé et mis sans doute en bonne humeur, en meilleure que la nôtre, par cette joyeuse aubade, les indigènes lui adressent leurs prières.

Au moment de partir, nous nous aperçûmes que les indigènes cassaient les pots dans lesquels ils nous avaient apporté de l’eau. Tout ce que touche un Européen est souillé, à leurs yeux, et s’ils s’en servaient ils seraient souillés eux-mêmes. Mais ils n’oublièrent pas de nous les faire payer; il paraît que l’argent a la vertu de se préserver de toute souillure, puisqu’ils le prirent avec beaucoup d’empressement.

Le souverain de ce petit pays souffre, dit-on, d’une maladie cérébrale, et l’administration de ses États s’en ressent énormément.

Tout est dans un désarroi complet; aussi nous nous félicitions, car le lendemain nous devions entrer de nouveau sur le territoire britannique.

Nous devions visiter le ravissant pays du Koulou, et nous avions hâte de sortir de celui-ci, gouverné par un indigène.

Mais cependant nous nous demandions avec effroi quelles routes s’offriraient à nous avant de quitter ces parages.

CHAPITRE IV
LE KOULOU

Doulârch.—Pays du Koulou.—Mariages précoces.—Du plaisir d’être veuve dans l’Inde.—Incinération des veuves.—Beauté et grâces des femmes hindoues.—Étrange manière de refuser un pourboire.—Traversée d’une passe.—Fanatisme hindou.—Sikhs.—Bijoux.—Habillements.—Polyandrie.—Étrange édit.—Soultanpour.—Oracle.—Mensurations.—Description du palais.—Curieux accidents.—Passage des rivières au moyen d’outres.

De Komarsîn à Doulârch le chemin devient fantastique et d’une beauté sauvage.