Les Hindous sont très grands marcheurs, malgré leur faible complexion; ainsi, le saïs de mon mari, véritable Hindou et, de plus, faible et maladif, suivait cependant son cheval à pied et le rejoignait facilement au galop. A Bombay par exemple, lorsqu’il s’agit d’une descente, le domestique saute du siège sur lequel il est assis à côté du cocher, et, saisissant le cheval par le mors, court avec lui et le modère.
Jamais aucun accident n’est encore survenu. Ils sont très sobres, se contentent de riz, de légumes et d’eau pure. Ce régime n’est pas fait pour relever leur constitution. Le lait dont ils se servent se met dans des ustensiles de cuivre appelés lota, de sorte que cet aliment prend le goût du métal, ce que je trouvai très désagréable.
Nous étions à Doulârch, dans le pays du Koulou, si vanté pour la beauté de ses sites et de ses femmes; j’admirais les uns avant de connaître les autres. Dieu! le ravissant pays avec ces forêts, ces fermes et ce sol si admirablement cultivé. Cette culture si ancienne dans l’Inde est toujours la même depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. D’ailleurs le climat constant de cette partie du monde simplifie beaucoup la culture; les saisons, qui sont constantes, ne renversent pas les espérances du cultivateur. L’hiver, ou la saison des pluies, commence en juin et finit en septembre; c’est l’époque des moussons.
Village dans le Koulou.
On appelle ainsi des vents réguliers qui soufflent toujours dans la même direction, du nord-est au sud-ouest, d’octobre en mars, et en sens inverse tout le reste de l’année. Les Hindous emploient les canaux d’irrigation pour arroser leurs champs pendant les huit mois secs de l’année; la terre fournit ordinairement trois récoltes par an.
La charrue qu’ils emploient est un présent de leur dieu; le soc est long d’un pied et demi et affecte la forme d’une pyramide; au bout de la charrue se trouve un cercle armé de pointes de fer; ces pointes brisent les mottes que le soc a soulevées. Ces charrues sont toujours tirées par des bœufs.
Après Doulârch, nous rencontrâmes sur un pont deux moulins primitifs: un axe avec quatre ailes; beaucoup de force motrice était perdue, mais les moulins tournaient malgré cela, au grand contentement de leurs propriétaires, assis tranquillement à la porte de leur maisonnette.
Le pont passé, le chemin, qui côtoie des montagnes vertigineuses, est splendide; on y peut admirer de ravissantes cascades, et la quantité de sources qui vont alimenter la rivière est considérable.
A chaque moment le cri pâni, pâni (eau) retentit à nos oreilles, et vite nos coulis se débarrassent de leur fardeau et accourent se réconforter à cette eau pure.