— Entrez, dit une voix, et, le cœur serré d’une angoisse très douloureuse, Yves poussa la porte et s’arrêta sur le seuil.

Yves poussa la porte.

M. Gerbier le regarda avec étonnement…

— Comme te voilà beau ! mon garçon ! s’écria-t-il. Est-ce que tu es de noce ? Tu viens demander une piastre ou deux, je gage ? Ton petit trésor est là, nous allons y puiser.

Yves devint très rouge.

— Monsieur, dit-il d’une voix altérée, vous êtes bien bon pour moi… C’est vrai que je viens vous demander de l’argent… Mais ce n’est pas pour ce que vous croyez…

Alors, sans faiblir, sans biaiser, sans chercher à atténuer ses torts, avec un grand accent de sincérité, il raconta les scènes de la veille et comment il avait perdu au delà même de ce qu’il possédait. Il dit aussi son intention de vendre le peu d’objets de valeur qui lui appartenaient pour se libérer immédiatement.

M. Gerbier l’avait écouté sans l’interrompre, le front soucieux et l’air attristé…

— Je pense que tout reproche serait inutile, lui dit-il. Ta conscience a dû t’en faire d’assez cuisants depuis hier soir, et tu as reconnu par une dure expérience où conduit l’entraînement du jeu. Tu es resté cependant, et resteras, je n’en doute pas, un honnête garçon ; ta courageuse franchise en est une preuve convaincante. M’as-tu dit toute la vérité ?