Avril 1997 > E Ink, une technologie d'encre électronique
En avril 1997, des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts Institute of Technology) créent la société E Ink pour développer une technologie d'encre électronique. Très schématiquement, la technologie est la suivante: prises entre deux feuilles de plastique souple, des millions de micro-capsules contiennent chacune des particules noires et blanches en suspension dans un fluide clair. Un champ électrique positif ou négatif permet de faire apparaître le groupe de particules souhaité à la surface du support, pour afficher, modifier ou effacer les données. En juillet 2002, E Ink présente le prototype du premier écran utilisant cette technologie, qui sera commercialisé en 2004. Suivent d'autres écrans pour diverses tablettes de lecture, puis les premiers écrans souples en noir et blanc, qui annoncent le futur papier électronique.
Mai 1997 > La chaîne de librairies Barnes & Noble lance son site web
Contrairement à Amazon, librairie uniquement «virtuelle», Barnes & Noble.com s'appuie sur sa chaîne de librairies traditionnelles Barnes & Noble (B&N) qui, en 1997, comprend 480 librairies «en dur» réparties dans tout le pays. Barnes & Noble lance sa librairie en ligne en mai 1997, en partenariat avec le géant des médias allemand Bertelsmann. Dès les débuts du site, Barnes & Noble se livre à une guerre des prix avec Amazon, à la grande joie des clients qui profitent de cette course aux rabais pour faire une économie de 20 à 40% sur certains titres. Barnes & Noble.com ouvre son eBookStore en août 2000. Barnes & Noble rachète la part détenue par Bertelsmann (36,8%) en juillet 2003 pour 164 millions de dollars US.
Juin 1997 > L'internet est encore anglophone à plus de 80%
À ses débuts, l'internet est anglophone à pratiquement 100%, puisqu'il se développe d'abord aux États-Unis grâce aux investissements considérables du gouvernement, avant de conquérir le Canada puis le monde entier. En 1997, Babel, initiative conjointe d'Alis Technologies et de l'Internet Society, mène la première étude relative à la répartition des langues sur l'internet. Datée de juin 1997, le Palmarès des langues de la toile (Web Languages Hit Parade) donne les pourcentages de 82,3% pour l'anglais, 4% pour l'allemand, 1,6% pour le japonais, 1,5% pour le français, 1,1% pour l'espagnol, 1,1% pour le suédois et 1% pour l'italien.
1997 > La numérisation des livres imprimés, un vaste chantier
En 1997, qui dit livre numérique dit numérisation, la presque totalité des livres existant seulement en version imprimée. Pour pouvoir être consulté à l'écran, un livre peut être numérisé soit en mode texte soit en mode image, les deux modes de numérisation étant complémentaires. (1) La numérisation en mode texte consiste à scanner le livre en mode image, puis à le convertir en texte grâce à un logiciel OCR (Optical Character Recognition), avec relecture éventuelle à l'écran pour corriger le texte obtenu puisqu'un bon logiciel OCR serait fiable à 99%. La version informatique du livre ne conserve pas la présentation originale du livre ou de la page. (2) La numérisation en mode image correspond à la photographie du livre page après page, la version informatique étant le fac-similé numérique de la version imprimée. La présentation originale étant conservée, on peut feuilleter le texte page après page à l'écran. Si cette méthode est beaucoup plus économique, et convient par exemple aux beaux livres avec illustrations, elle a l'inconvénient de ne pas permettre la recherche textuelle.
Octobre 1997 > Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France
En octobre 1997, la Bibliothèque nationale de France (BnF) met en ligne sa bibliothèque numérique Gallica. En accès libre, elle devient rapidement l'une des plus importantes bibliothèques numériques du réseau. On y trouve les documents libres de droits du fonds numérisé de la BnF, qui vont du Moyen-Âge au début du 20e siècle. Pour des raisons de coût, les documents sont essentiellement numérisés en mode image. En décembre 2006, les collections de Gallica comprennent 90.000 ouvrages (fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines d'heures de ressources sonores. Gallica débute la conversion en mode texte des livres numérisés en mode image pour favoriser l'accès à leur contenu. En mars 2010, Gallica franchit la barre du million de documents, dont la plupart sont accessibles gratuitement. Gallica inaugure ensuite un nouveau site avec une interface en quatre langues (français, anglais, espagnol, portugais).