1998 > La base de données en ligne du premier volume (1751) de l'Encylopédie de Diderot
Projet commun du Centre national de la recherche scientifique (CNRS, France) et de l'Université de Chicago (Illinois, États-Unis), le projet ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French Language) donne accès en ligne en 1998 à la base de données correspondant au premier volume de l'Encyclopédie (1751), à titre expérimental. Cette mise en ligne est une première étape vers une base de données exhaustive de la première édition (1751-1772) de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des métiers et des arts de Diderot et d'Alembert, avec ses 72.000 articles rédigés par plus de 140 collaborateurs (dont Voltaire, Rousseau, Marmontel, d'Holbach, Turgot, etc.), ses 17 volumes de texte (qui représentent 18.000 pages et 20.736.912 mots) et ses 11 volumes de planches. Destinée à rassembler puis divulguer les connaissances de l'époque, l'Encyclopédie porte la marque des courants intellectuels et sociaux du Siècle des Lumières, et c'est grâce à elle que se propagent les idées nouvelles qui inspireront la Révolution française de 1789.
Avril 1998 > Le rêve derrière le web, selon Tim Berners-Lee, son inventeur
Le web est une formidable aventure. Selon les termes mêmes de Tim Berners-Lee, son inventeur en 1990, dans un texte qu'il rédige en avril 1998, «le rêve derrière le web est un espace d'information commun dans lequel nous communiquons en partageant l'information. Son universalité est essentielle, à savoir le fait qu'un lien hypertexte puisse pointer sur quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de local ou de global, aussi bien une ébauche qu'une réalisation très sophistiquée. Deuxième partie de ce rêve, le web deviendrait d'une utilisation tellement courante qu'il serait un miroir réaliste (sinon la principale incarnation) de la manière dont nous travaillons, jouons et nouons des relations sociales. Une fois que ces interactions seraient en ligne, nous pourrions utiliser nos ordinateurs pour nous aider à les analyser, donner un sens à ce que nous faisons, et voir comment chacun trouve sa place et comment nous pouvons mieux travailler ensemble.» (The World Wide Web: a very short personal history, disponible sur la page de Tim Berners-Lee sur le site du World Wide Web Consortium)
Mai 1998 > Les éditions 00h00, pionnières de l'édition en ligne
Les éditions 00h00 (qui se prononce «zéro heure») sont fondées en mai 1998 par Jean-Pierre Arbon et Bruno de Sa Moreira, en tant que premier éditeur «en ligne», à savoir un éditeur fabriquant et vendant des livres numériques via l'internet. En 2000, le catalogue comprend 600 titres, avec 85% des ventes pour les versions numériques (au format PDF), les 15% restants étant des versions imprimées à la demande du client. Pas de stock, pas de contrainte physique de distribution, mais un lien direct avec le lecteur et entre les lecteurs. Sur le site au très beau design, les internautes/lecteurs peuvent créer leur espace personnel pour y rédiger leurs commentaires, participer à des forums, s'abonner à la lettre d'information de 00h00 ou regarder les clips littéraires produits par l'éditeur pour présenter les nouveautés publiées. En septembre 2000, 00h00 est racheté par la société américaine Gemstar. Gemstar met fin à ses activités eBook en juin 2003.
Août 1998 > Citation de Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg
Fondateur du Projet Gutenberg en 1971 et inventeur de l'ebook, Michael Hart dédie toute sa vie à mettre le plus grand nombre possible d'oeuvres littéraires à la disposition de tous, par voie électronique. «Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier, explique-t-il en août 1998. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d'enseignement.» (Entretien du NEF)
Septembre 1998 > Citation de John Mark Ockerbloom, créateur de l'Online
Books Page
John Mark Ockerbloom fonde en 1993 l'Online Books Page pour proposer un répertoire de livres anglophones librement disponibles en ligne. Il écrit en septembre 1998: «Je me suis passionné pour l'énorme potentiel qu'a l'internet de rendre la littérature accessible au plus grand nombre. Maintenant il y a tant de livres mis en ligne que j'ai du mal à rester à jour. Je pense pourtant poursuivre cette activité d'une manière ou d'une autre. Je suis très intéressé par le développement de l'internet en tant que médium de communication de masse dans les prochaines années. J'aimerais aussi rester impliqué dans la mise à disposition gratuite de livres sur l'internet, que ceci fasse partie intégrante de mon activité professionnelle, ou que ceci soit une activité bénévole menée sur mon temps libre.» (Entretien du NEF)