Une autre description du Haram du 10e siècle est donnée par Al-Muqaddasi, voyageur et géographe musulman, lui-même natif de Jérusalem. Il écrit que la mosquée al-Aksa est encore plus belle que celle de Damas. Le Saint-Sépulcre des Chrétiens étant à la fois un rival et un modèle, Al-Aksa, bâtiment musulman, est construit pour surpasser le Saint-Sépulcre en beauté. [3]
Le terme d’Al-Aksa, du nom de la mosquée actuelle, est employé pour tout le
Haram, jusqu’au 10e siècle, quand il est reconnu par la tradition musulmane que
Jérusalem est bien la Masjid-al-Aqsa, le sanctuaire où Mahomet est transporté
pendant son voyage de nuit.
Ensuite les Musulmans appellent la plateforme du Mont du Temple du nouveau nom de Haram al-Sharif. Ils interdisent aussi l’accès des lieux aux non-croyants. L’interdiction dure jusqu’à l’arrivée des Croisés en 1099.
Nasir-I Khusraw, un Perse venu visiter Jérusalem en 1047, donne une description du Haram intéressante parce qu’elle semble être la dernière faite avant l’arrivée croisée: “La cour du Haram est entièrement pavée, et dans son centre s’élève une plateforme, comme celle de la mosquée de Médine, à laquelle on monte par de larges escaliers. La plateforme comprend quatre dômes. Parmi ceux-là, le Dôme de la Chaîne, le Dôme de l’Ascension du Prophète et le Dôme du Prophète sont de petite taille. Tous ont des coupoles couvertes de plomb et reposent sur des piliers de marbre sans murs extérieurs… Au centre de la plateforme, le Dôme du Rocher s’élève au-dessus d’un bâtiment octogonal avec quatre entrées, chacune faisant face aux escaliers montant de la cour.” [4]
Le Haram al-Sharif se présente ainsi: le centre est occupé par une plateforme appelée mastaba, avec le Dôme du Rocher au centre. L’espanade, ou sahn, est située entre 4 et 6 mètres au-dessous de la plateforme. Elle comprend la zone du Mont du Temple tout entière. La mosquée al-Aksa est située à l’extrémité sud de l’esplanade, jouxtant le mur sud. Un tiers de l’esplanade est planté d’arbres, le plus souvent des oliviers.
Présentement le mur du Haram est percé de dix portes. Les sept portes occidentales sont, du sud au nord: la Porte des Maures, la Porte de la Chaîne, la Porte des Ablutions, la Porte de Fer, la Porte de la Prison et la Porte de Ghawanmeh. Les trois portes situées au nord sont la Porte Noire, la Porte de Hutta et la Porte des Tribus. La Porte de Hutta porte aussi le nom du roi Feisal d’Iraq, qui vient au Haram en 1930.
= Chaire de Burhan al-Din (Minbar Burhan al-Din)
Edifiée au 8e siècle sur le côté sud de l’esplanade, la chaire de Burhân al-Dîn, de son nom musulman Minbar Burhân al-Dîn, est entièrement en pierre et en marbre polychromes. Elle est construite en plein air pour les prônes des jours de fête et ceux des jours de prière sous la pluie. Elle est restaurée en 1388 par le grand juge de Jérusalem, Burhân al-Dîn, qui lui donne son nom. Une seconde restauration date de 1843.
Voici le commentaire que fait Chelebi, voyageur musulman, dans les années 1648-1650: “A la porte sud du Haram se trouve une chaire où le prophète est monté la nuit de son Voyage Céleste pour donner un avertissement aux âmes de tous les prophètes. C’est une petite chaire. Aux temps de sécheresse, les gens de la province se rassemblent autour pour offrir des prières pour la pluie.” [5]
= Dôme de la Chaîne (Qubbat al-Silsila)