La façade actuelle avec ses deux petits clochers est une addition moderne.

= Saint-Sépulcre

Le Saint-Sépulcre est situé au coeur du quartier chrétien, dans la partie nord-ouest de la Vieille Ville, au bout de la Via Dolorosa. Construit à l’endroit où Jésus-Christ a été crucifié et enterré, il est considéré comme “la” grande église de la chrétienté.

En 326, l’impératrice Hélène, mère de Constantin, fait construire plusieurs églises pour commémorer les grandes étapes de la vie du Christ. Erigée entre 326 et 335, l’église constantinienne reste en place pendant trois cents ans. Elle était la plus grande de Jérusalem, avec une longueur de 115 m. On y entrait par trois portails situés à l’est. L’abside de l’église était à l’ouest, en direction de la tombe de Jésus, celle-ci étant considérée comme le principal site sacré de la chrétienté.

Sur la partie supérieure droite de la mosaïque de Madaba, qui montre Jérusalem vers 570, le Saint- Sépulcre est représenté au centre d’une Vieille Ville entourée de remparts. On voit son escalier, ses trois portes, sa basilique et sa coupole. Considéré au 6e siècle comme le monument le plus important de Jérusalem, il a sur la mosaïque une importance considérable par rapport aux 19 autres bâtiments.

L’église constantinienne est détruite par les Perses en 614. Le patriarche Modestus utilise les matériaux de l’église pour construire un édifice plus petit. Grâce au pèlerin chrétien Arculfe, on a une description de l’édifice de 680 et un plan, résultat des diagrammes qu’Arculfe fait sur des tablettes de cire [4].

Cette seconde église est détruite par un tremblement de terre en 746. En 967, les Musulmans brûlent la nouvelle église et tuent le patriarche. En 1009, Al-Hakim, gouverneur fatimide d’Egypte, ordonne la destruction de toutes les églises chrétiennes, y compris celle du Saint-Sépulcre.

La reconstruction a sans doute lieu entre 1030 et 1048, sous les auspices de l’empereur byzantin Constantin IX Monomaque. Les architectes byzantins sauvent les lignes de la rotonde au-dessus du Sépulcre. Mais ils ne reconstruisent pas l’immense basilique de Constantin le Grand, qui allait du Calvaire à la grande rue du marché. L’emplacement reste un champ de ruines jusqu’à l’arrivée des Croisés. Une galerie supérieure est ajoutée dans la rotonde, ainsi qu’une abside sur le côté est.

Le voyageur musulman Nasir-I Khusraw décrit le Saint-Sépulcre de 1047: “L’église actuelle est une très grande construction qui peut contenir 8.000 personnes. L’édifice est très habilement construit de marbres colorés, avec une ornementation et des sculptures. A l’intérieur, l’église est partout ornée de broderie byzantine travaillée avec de l’or et de tableaux. Et ils ont représenté Jésus – que la paix soit avec lui – qui est parfois montré montant un âne. Il existe aussi des tableaux représentant d’autres prophètes, Abraham, par exemple, et Ishmael et Isaac, et Jacob avec son fils – que la paix soit avec eux tous… Dans l’église on trouve une peinture divisée en deux parties représentant le Ciel et l’Enfer. Une partie montre les sauvés au Paradis, alors que l’autre décrit les damnés en Enfer, avec tout ce qu’il y a là-bas. Assurément il n’existe pas d’autre lieu au monde avec une peinture semblable. Dans l’église sont assis un grand nombre de prêtres et de moines qui lisent l’Evangile et disent des prières, jour et nuit ils sont occupés de cette façon.” [5]

Nasir-I Khusraw s’intéresse beaucoup aux peintures et les décrit en détail, comme nombre de voyageurs musulmans pendant la période croisée. La religion musulmane interdisant l’art figuratif, ces voyageurs sont fortement intrigués par toutes ces représentations de personnages et scènes bibliques.