Jean de Wurzbourg, pèlerin chrétien, visite l’église à l’époque croisée: “En bas de la descente et au-delà d’une autre rue, se trouve une grande église construite en l’honneur de saint Jacques le Grand, habitée par des moines arméniens, et ils ont au même endroit un grand hospice pour recevoir les pauvres de leur nation.” [2]

Le patriarche arménien est en faveur auprès des Croisés, qui comptent des Arméniens venant de Cilicie. Les Arméniens sont les seuls alliés des Croisés au Moyen-Orient. De nombreux mariages ont lieu entre chevaliers croisés et femmes arméniennes. Les Croisés coopèrent avec enthousiasme à la reconstruction de l’église Saint-Jacques. L’authenticité de la première église est établie puisqu’ils y retrouvent la tête de saint Jacques et la main de saint Etienne.

Plus tard, toujours selon la tradition arménienne, Saladin accorde aux Arméniens un firman, à savoir un permis concernant les lieux saints. Après la conquête turque de 1517, le sultan Sélim Ier leur accorde également un firman les assurant de leurs droits et leur donnant autorité sur les communautés syriennes, coptes et éthiopiennes de la ville.

A l’origine, l’église Saint-Jacques était très large. Elle est en partie détruite par l’invasion perse, et restaurée au 8e siècle. L’église actuelle, qui date du 11e siècle, est bâtie par les Croisés après la prise de Jérusalem en 1099.

On ne voit pas l’abside de l’extérieur. L’arcade romane est haute et étroite, avec une coupole elle aussi tout en hauteur. La superficie est de 17,5 m x 24 m. L’abside est divisée par quatre larges colonnes carrées recouvertes de faïences bleues pour former une nef centrale et des portiques. Les colonnes supportent les huit arches de la coupole. Les murs sont recouverts de carreaux bleus sur une hauteur de deux mètres.

Dans le choeur, les trois autels sont: au centre celui de saint Jacques, frère de Jésus, à droite celui de saint Jean-Baptiste, à gauche celui de la Vierge Marie. L’intérieur de l’église est entièrement médiéval. La voûte de la coupole centrale est typiquement arménienne. Les travaux du 12e siècle ont servi à consolider l’édifice des 10e et 11e siècles. La chapelle Saint-Etienne, qui date du 11e siècle, sert à la fois de sacristie et de baptistère. La chapelle de Echmiadzin était sans doute le narthex de l’église médiévale. La porte, à la décoration élaborée, était probablement l’entrée principale.

= Saint-Jean-Baptiste

Située dans une zone en retrait du Mauristan, l’église est en partie enterrée autour de rues dont le niveau a grimpé avec les siècles. On y entre par la rue du quartier chrétien.

Une église existe dès le milieu du 5e siècle. Après sa destruction par les
Perses en 614, elle est restaurée par Jean l’Aumônier. Les fondations du 5e
siècle sont utilisées par les marchands d’Amalfi pour l’église du 11e siècle.
L’église devient ensuite le berceau des Chevaliers Hospitaliers.

Voici la description qu’en fait Jean de Wurzbourg, pèlerin chrétien à l’époque croisée: “En face de l’église du Saint-Sépulcre, sur le côté opposé, on trouve une belle église construite en l’honneur de Jean le Baptiste, à côté de laquelle un hôpital reçoit dans plusieurs pièces une multitude énorme de malades, à la fois hommes et femmes, qui sont secourus et soignés chaque jour à très grands frais…” [3]