= Notes
[1] Evliya Tshelebi’s Travels in Palestine. Jerusalem, Ariel, 1980, p. 86.
[2] Vincent (L.H.) et Abel (F.M.). Jérusalem nouvelle. Paris, J. Gabalda, 1914-1926, volume 3, p. 604-609.
[3] Arculfe, I, 23. Cité dans: Peters (F.E.). Jerusalem. Princeton University Press, 1985, p. 206-207.
7. L'ARCHITECTURE MAMELOUKE
[Haram al-Sharif mamelouk / Bâb al-Qattânin / Madrasa al-Arghûniyya / Madrasa al-Ashrafiyya / Minaret Bâb al-Asbât / Minaret Fakhriyya / Minaret Ghawânima / Sabîl Qâytbây / Turba al-Sa’diyya / Zâwika al-Kubakiyya / Notes]
Les bâtiments mamelouks, nombreux, sont essentiellement situés dans le Haram al-Sharif et autour. En voici quelques-uns [1] dans les pages qui suivent.
= Haram al-Sharif mamelouk
Les Mamelouks donnent au Haram al-Sharif sa forme présente, en construisant la plupart des bâtiments situés le long du mur occidental. Ils investissent ensuite régulièrement de grosses sommes d’argent pour restaurer et embellir le Haram. Vers 1260, le sultan Baybars fait refaire les mosaïques des huit faces extérieures du Dôme du Rocher. Vingt ans plus tard, le sultan Qalaoun fait réparer le toit d’Al-Aksa. Le fils de Qalaoun, Al-Nasir Mohammad, verse la somme nécessaire à la redorure des coupoles du Dôme du Rocher et d’Al-Aksa.
Le Haram n’est pas accessible aux Chrétiens et aux Juifs, qui encourent de grands dangers s’ils s’y aventurent. Certains, qui connaissent les rites musulmans, s’y risquent malgré tout, comme Arnold von Harff en 1496: “Nous arrivâmes au Temple de Salomon (le Dôme du Rocher, ndlr) qui est situé à 160 pas du Temple du Christ (le Saint-Sépulcre, ndlr). Au moyen de dons et d’une aide amicale, je fus introduit dans ce Temple par un Mamelouk. Mais aucun Chrétien ou Juif n’est admis à entrer ici ou à s’approcher de près, parce qu’ils disent et assurent que nous sommes des chiens, et nous ne sommes pas admis à aller dans les lieux saints, sous menace de mort, ce dont j’avais peur. Mais ce Mamelouk me dit que si je voulais aller avec lui un soir, habillé de cette manière, il m’emmènerait au Temple, et que si j’étais reconnu, je devais répondre comme un païen (musulman, ndlr) avec les mots et le langage voulus, et que je devais utiliser les mots et faire les signes que je fus forcé d’utiliser quand j’étais emprisonné à Gaza… grâce à quoi le païen s’excuserait et me laisserait partir, ce qui évidemment arriva. Le Mamelouk vint me chercher une nuit au monastère de Sion et m’emmena dans sa maison, pour pouvoir assurer que j’avais passé la nuit avec lui. Là il me mit des vêtements et m’apprêta comme un Mamelouk. Ensuite nous nous dirigeâmes tous deux vers le Temple de Salomon.” [2]