= Bâb al-Qattânin

La Bâb al-Qattânin, ou Porte des Cotonniers, est ouverte au milieu du mur ouest du Haram, presqu’en face du Dôme du Rocher, et donne accès au Sûq al-Qattânin, qui s’étend entre le Haram et Tariq al-Wad.

Le Sûq al-Qattânin, marché des marchands de coton, est communément appelé ainsi depuis des siècles. Il est le centre commercial du sultan Al-Nasir Mohammad ibn Qalaun et de l’émir Tankiz al-Nasari. En 1336 et 1337, l’émir Tankiz restaure cette porte construite au début de l’ère mamelouke. Elle est la seule entrée du Haram à posséder une façade monumentale sur l’esplanade.

L’historien Al-Umari en fait une description en 1347. “C’est une grande Porte qui vient d’être construite et qui est récemment ouverte. Elle comprend dix marches. Sur chaque côté s’élèvent des tribunes… La construction de la porte est parfaite… Son arc est à double voussure et fait de pierre sculptée et colorée. Son inscription est dorée et incrustée dans la pierre. Ses deux portails sont couverts de plaques dorées et en cuivre ciselé.” [3]

= Madrasa al-Arghûniyya

Une madrasa est une école supérieure où l’on enseigne le Coran, l’exégèse coranique, la Sunna ou tradition du Prophète, le droit religieux et ses applications dans la vie pratique. La madrasa al-Arghûniyya est située en bordure ouest du Haram, sur le côté sud de la Tariq Bab al-Hadid, à côté de la Porte de Fer. Cette madrasa est constituée de plusieurs bâtiments scolaires et de mausolées.

Al-Argûniyya est à la fois la madrasa et la tombe d’Argun al-Kamili. Son nom moderne est Dar al-Afifi. Elle est terminée en 1358, un an après la mort de son constructeur Argun al-Kamili, gouverneur de Syrie, enterré ici en octobre 1357. Argun al-Kamili est d’abord gouverneur de Damas et à deux reprises gouverneur d’Alep. La lutte constante des Mamelouks pour le pouvoir le conduit ensuite dans les prisons d’Alexandrie, puis au banissement à Jérusalem. Il meurt en exil à trente ans.

= Madrasa al-Ashrafiyya

La madrasa Al-Ashrafiyya est en bordure ouest du Haram, entre le minaret Bâb al-Silsila au sud et Al-Uthmaniyya au nord. Al-Ashrafiyya est la madrasa du sultan Qâytbây, terminée en 1482. Avec sa belle façade mamelouke du 15e siècle, cette madrasa est le bâtiment mamelouk le plus connu de Jérusalem. Construite par l’émir Hassan al-Dahari, elle devient la propriété du sultan Qâytbây puis celle de la secte soufique.

Démolie en 1475, la madrasa est reconstruite par le sultan Al-Malik al-Ashraf Qâytbây, et terminée en août 1482. L’historien Mujir al-Din la considère comme le troisième joyau du Haram, après le Dôme du Rocher et Al-Aksa. “Quelque temps après, dans l’année 800 (1475-1476 d’après le calendrier chrétien, ndlr), Al-Malik al-Ashraf Qa’it Bay vint à Jérusalem et ne trouva pas le bâtiment à son goût. C’est pourquoi en 884 (1479, ndlr) il envoya les gens de son entourage officiel pour le démolir et pour l’agrandir en le rattachant aux autres constructions. Ils commencèrent à creuser les fondations de l’actuelle madrasa le 14 Sha’ban 885 (19 octobre 1480, ndlr). Les architectes s’acharnèrent au travail, et elle fut terminée le mois de Rajab de 887 (août 1482, ndlr). Ils couvrirent son toit de la même manière que celui de la mosquée al-Aqsa, avec de solides plaques de plomb. Mais ce qui constituait son attrait le plus grand était sa position sur ce noble terrain où elle était devenue le troisième joyau. Ces trois joyaux sont: le Dôme du Rocher, le dôme de l’Aqsa, et cette madrasa.” [4]