Certains photographes travaillent ensemble, par exemple, à partir des années 1850, le groupe des photographes arméniens autour du patriarche Yessayi Garabedian, ou les photographes russes Joseph Carmi, Petro Slatev, Ivan Ishenko ou Anton Michail Karamanov, ou les photographes du Palestine Exploration Fund dirigés par H. Phillips à partir de 1865, ou ceux de l’American Colony Elijah Meyers, Frederick Vester, Lewis Larson, John Whiting et Eric Matson, ou encore les moines dominicains de l’Ecole biblique et archéologique française, sous la direction du Père Savignac.
Le spécialiste de la civilisation musulmane et de l’archéologie arabe Max van Berchem fait plusieurs séjours à Jérusalem entre 1888 et 1914. Dès son premier court séjour, à la fin mars 1888, il recueille un certain nombre d’inscriptions et les photographie à l’aide de clichés de verre.
En 1892, 1893, 1894 et 1914, il revient à Jérusalem, et surtout au Haram, pour prendre tout un ensemble de photographies et d’estampages, et prendre aussi des notes en vue de la rédaction de son futur ouvrage: Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum [5]. Sur un feuillet placé en en-tête du volume de planches, il présente l’ensemble de son travail: “Les planches de ‘Jérusalem’ ont dû être livrées au public avant les deux volumes de texte, ‘Ville’ et ‘Haram’. Ces volumes, qui paraîtront sous peu (en avril 1920 pour les planches, et en 1922 et 1927 pour le texte, ndlr), renfermeront l’édition complète des 300 inscriptions de Jérusalem, avec d’amples commentaires touchant la topographie, l’histoire et l’archéologie de la Ville Sainte à l’époque musulmane… La plupart des sujets, monuments et inscriptions sont reproduits dans l’état de 1914, date de la dernière campagne de l’auteur.”
Max van Berchem ne voit pas la publication des deux volumes de texte. Il repart en Orient avant l’hiver 1920, mais des problèmes de santé l’obligent à revenir en Suisse quelques semaines plus tard. A son grand désespoir, il doit abandonner ses travaux. Il meurt le 7 mars 1921. Sa famille confie la publication des deux volumes de texte à son ami Gaston Wiet qui, dans l’avant-propos du premier volume, présente ce recueil comme le “résultat de deux explorations de la Ville Sainte et de vingt années de recherches patientes à travers les oeuvres arabes et les relations des pèlerins et des voyageurs occidentaux.”
Les photographies de Max van Berchem sont maintenant la propriété de la Fondation Max van Berchem, à Genève. Une sélection de photos est publiée par Marguerite Gautier-van Berchem en 1978 [6]. A la page 14, on voit Max van Berchem juché sur une échelle en train de retirer l’estampage d’une inscription sise entre deux arcades. On ne peut avoir qu’admiration pour le travail absolument colossal qu’il a effectué sur le terrain.
= Quelques albums de photos anciennes
Aux éditions Ariel, à Jérusalem, ont paru entre 1978 et 1980 trois recueils de photographies anciennes rassemblées par Ely Schiller: The First Photographs of Jerusalem: The Old City (1978), The First Photographs of Jerusalem: The New City (1979), The First Photographs of Jerusalem & The Holy Land (1980). Dans ces trois ouvrages reliés (28 x 23 cm), avec jaquette, Ely Schiller a regroupé des photos de collections publiques et privées. Les photos occupent le plus souvent une page toute entière. Certaines occupent la moitié d’une page ou une double page. Le texte d’introduction et les légendes sont en anglais et en hébreu.
En 1980, Tim N. Gidal publie 42 photos émanant de sa collection personnelle dans Ewiges Jerusalem 1850-1910. Il s’agit d’un luxueux livre relié (49 x 36 cm), avec jaquette, publié par la Photogalerie Bucher, maison d’édition spécialisée basée à Lucerne et Francfort. Une présentation de la Jérusalem de l’époque précède 40 reproductions de photographies en pleine page (38 x 28 cm). S’y trouvent de nombreux portraits et photos de groupes, mais aussi quelques photos d’architecture. La première photo est une vue d’ensemble de Jérusalem prise par le médecin C.G. Wheelhouse en 1849. Il s’agit d’une vue de la ville prise du rempart nord, avec le Dôme du Rocher et le Mont des Oliviers. Ce talbotype est considéré comme la photo la plus ancienne jamais prise de Jérusalem.
Compilé par Eyal Onne, en collaboration avec Dror Wahrmann, Jerusalem: A Profile of a Changing City raconte l’histoire de la photographie à Jérusalem et, à travers les photos choisies, l’histoire du développement de la ville au cours de la seconde moitié du 19e siècle. Les oeuvres des 47 photographes sélectionnés sont pour la plupart inédites. Publié en 1985, ce bel ouvrage relié (22 x 28 cm) est publié par le Jerusalem Institute for Israel Studies pour accompagner l’exposition du même nom présentée à Mishkenot Sha’ananim et à la cinémathèque de Jérusalem en 1985 et 1986.
= Liste de photographes, résidents et voyageurs