Il décrit ensuite son plan de travail pour le recensement des monuments: les monuments judaïques, les antiquiés judaïques grecques et romaines, les monuments chrétiens et les monuments arabes. Et il termine son avant-propos ainsi: “Après quatre mois d’un travail incessant, je rapporte une collection d’environ cent cinquante clichés… Les opinions que l’on a combattues sans voir, je viens les défendre, moi qui ai bien vu, et mes photographies aidant, il faudra bien que la vérité se fasse jour. Alors se tairont probablement ces savants qui, craignant les fatigues d’un long voyage, aiment mieux trancher les questions à distance que d’ajouter foi aux récits d’autrui. Les photographies ne sont plus des récits, mais bien des faits dotés d’une brutalité concluante…”
Cette dernière phrase fait écho à celle du Révérend Albert Augustus Isaacs dans The Dead Sea, 1857: “Nous savons bien combien le crayon peut être traître et décevant; par contre un fac-similé de la scène peut être donné grâce à la photographie.”
De nombreux photographes suivent les pas de ces précurseurs.
Louis de Clercq (1836-1901) arrive en Terre Sainte en 1859 pour accompagner une mission scientifique. Son ouvrage Voyage en Orient comprend cinq volumes de photos.
Un photographe allemand, August Jacob Laurent, publie un album contenant 112 de ses photos, prises entre 1852 et 1860.
Francis Frith (1822-1898) est le premier photographe professionnel à couvrir systématiquement la Terre Sainte, à partir de 1856. Il publie plusieurs ouvrages, dont Cairo, Sinai, Jerusalem and the Pyramids of Egypt, avec de nombreuses photos, Egypt, Sinai and Palestine, publié à Londres chez Mackenzie vers 1862, avec 75 photos, et The Bible in Photographs, dont l’édition est limitée à 170 exemplaires.
Ermete Pierotti est architecte du pacha turc de Jérusalem entre 1854 et 1862. Son livre, Jerusalem Explored, publié à Londres en 1864, comprend de belles lithographies faites à partir de ses photos. Il est possible que les photos ne soient pas les siennes, mais celles de son collaborateur John Mendel Diness [3].
Dirigé par Charles William Wilson en 1864 et 1865, le très beau travail de la British Royal Engineers Ordnance Survey est considéré comme la première étude scientifique de Jérusalem et de ses sites. Les photos sont l’oeuvre du sergent J. McDonald. Ce sont essentiellement des photos d’architecture, de grande qualité, et elles représentent un tourant dans l’histoire de la photographie en Terre Sainte [4].
Le premier photographe résidant à Jérusalem est le patriarche arménien Yessayi Garabedian, qui exerce son activité pendant une dizaine d’années, entre 1850 et 1860.
Puis, considéré comme le grand photographe du 19e siècle, Félix Bonfils, qui publie en 1878 Souvenirs d’Orient: album pittoresque des sites, villes et ruines les plus remarquables de la Terre Sainte, à partir de stéréographes pris entre 1867 et 1878.