Le choeur de l'église de Saint-Jean-le-Thomas fut restauré à partir de 1965 par Yves-Marie Froidevaux, architecte en chef des monuments historiques. Ce choeur pré-roman présente des similitudes avec l'église souterraine Notre-Dame-sous-Terre, qui fut construite par les Bénédictins au 10e siècle. (Ceux-ci s'installèrent au Mont Saint-Michel en 966.) Les arcs des baies sont formés de claveaux de briques. Les murs présentent un appareil de petits blocs de granit assez réguliers séparés par d'épais joints de mortier. En 1895, la tour ancienne fut remplacée par un imposant clocher en granit, qui écrase le reste de l'édifice de son volume. En 1974, on commença à dégager les peintures romanes du 12e siècle trouvées sous l'enduit du mur sud de la nef. Une découverte d'autant plus intéressante que les décors peints sont pratiquement inexistants dans la région.

L'église Saint-Médard de Dragey est isolée avec son presbytère à un kilomètre environ du village. Elle est bâtie sur un promontoire. Sa tour servait de point de repère aux marins. La tour et le choeur ont été édifiés au 13e siècle. L'enduit des murs de la nef romane a été gratté dans les années 1970 pour y mettre à jour l'appareil en arêtes de poisson, à l'intérieur comme à l'extérieur.

L'église Notre-Dame de Genêts fut reconstruite au milieu du 12e siècle par Robert de Torigni, abbé du Mont Saint-Michel, à l'emplacement d'une église plus ancienne. La croisée du transept, une partie des croisillons et les deux tiers inférieurs de la tour appartiennent à l'édifice roman. La tour, massive, est implantée à la croisée du transept. Elle comprend deux étages. Le premier est aveugle alors que le second est orné de baies géminées. Ces baies, murées, ont été prolongées par des baies gothiques trilobées lors d'une deuxième campagne de construction datant du 16e siècle. Autrefois surmontée d'une flèche (détruite par la foudre au 16e siècle), la tour est maintenant terminée par un toit en bâtière. Le départ du toit est caché au nord et au sud par une balustrade ajourée aux angles ornés de gargouilles. Le choeur et ses deux chapelles latérales datent du 13e siècle. La nef est surmontée d'une voûte en berceau de bois refaite en 1960. Cette voûte utilise les éléments d'une charpente à poinçons et entraits apparents du 15e siècle (qui furent eux-mêmes découverts dans les lambris du 18e siècle). La couverture en épaisses plaquettes de schiste a elle aussi été refaite en 1960. Le porche qui précède la porte sud de la nef est surmonté d'une charpente en carène renversée entièrement chevillée datant du 18e siècle. L'église et le cimetière de Genêts ont été classés monuments historiques en 1959.

Le prieuré Saint-Léonard de Vains fut la propriété de l'abbaye Saint-Etienne de Caen jusqu'à la Révolution. Il fut ensuite transformé en bâtiment de ferme. L'édifice est toujours une propriété privée. Le propriétaire a restauré la nef pour en faire une maison d'habitation. Le tour et le choeur sont dans un triste état (mais ceci a peut-être changé depuis ma dernière visite). Située entre choeur et nef, la tour est formée d'une base carrée surmontée de deux étages en léger retrait l'un par rapport à l'autre. Le premier étage devait être aveugle avant les remaniements de la Révolution. Le deuxième étage est orné de deux arcatures jumelles en plein-cintre sur ses faces nord, est et sud. Il est surmonté d'un toit en bâtière reposant sur une corniche. Celle-ci est soutenue par des modillons sculptés de têtes humaines ou moulurés en quart-de-rond.

L'église de Saint-Loup date de la première moitié du 12e siècle. Ceci est attesté par la voûte d'arêtes, l'arc triomphal et les doubleaux en plein-cintre dans le choeur. Ceci est également attesté par les voussures et colonnettes épaisses du portail occidental, de la porte sud et des baies de la tour. L'intérêt de cette église est d'autant plus grand qu'il s'agit du seul édifice entièrement roman ayant subsisté dans la région. De plus, plusieurs éléments d'architecture sont spécifiques à cette église. On note un profil similaire pour le portail occidental, la porte sud et les baies de la tour. On note aussi de nombreuses corbeilles et bases sculptées. On note enfin sous la corniche du choeur de gros modillons sculptés de personnages grotesques et de figures humaines. La seule modification apportée à l'église romane est l'ouverture d'une chapelle latérale dans la seconde travée du choeur (côté nord) en 1602. L'édifice a été classé monument historique en 1921.

La porte sud de l'église de Saint-Quentin est une réplique presque parfaite de la porte sud de l'église de Saint-Loup. Le portail occidental dénote lui aussi l'influence de Saint-Loup. Ces éléments permettent de dater la base de la tour et la nef de la première moitié du 12e siècle. Plusieurs parties datent du 13e siècle: le porche rectangulaire précédant la façade occidentale, les deux étages de la tour, le choeur de trois travées et la chapelle latérale sud du choeur. La chapelle latérale nord fut édifiée plus tard, au 15e ou 16e siècle.

Voici un récapitulatif des parties romanes:

* à Saint-Martin-le-Vieux, le choeur et la nef (11e siècle);

* à Bréville, le choeur, la base de la tour et une partie de la nef (deuxième moitié du 12e siècle);

* à Yquelon, le choeur et la nef (deuxième moitié du 12e siècle);