Au 12e siècle, le seigneur du lieu, Guillaume de Saint-Jean, reçut le titre de second fondateur de l’abbaye de la Lucerne (le premier étant Halsculphe de Subligny). En 1162, il donna à l’abbaye la terre et le bois situés entre le Thar et le Tharnet, l’église de Saint-Jean-le-Thomas avec ses dépendances, et de nombreuses propriétés aux alentours et en Angleterre. Cette charte figure dans le Cartulaire de la Lucerne: “Ego Willelmus de Sancto Johanne… dedimus Deo et ecclesie Sancte Trinitatis de Lucerna et canonicis regularibus ibidem Deo servientibus terram in quam fundata est abbatia, eam silicet qui est inter primum vivarium ipsorum et nemus et Thar et Tharnet, et ecclesiam de Sancto Johanne cum omnibus pertinentis suis; itam tamen ut per duos presbiteros serviatur, sive de religione, sive de seculo, in voluntate abbatis et canonicorum…” [2]
Au 15e siècle, l’église était toujours la propriété de l’abbaye de la Lucerne. Le Livre blanc (Pouillé de 1412) mentionne l’abbé de la Lucerne comme seigneur patron: “Ecclesia de S. Johanne de Thomas, regularis – Patronus abbas Lucernae…” [3] L’église était desservie par un curé appartenant à la communauté religieuse de la Lucerne.
#L’église
= Le plan
L’église est formée d’un vaisseau rectangulaire régulièrement orienté (d’ouest en est) composé d’une longue nef et d’un choeur à chevet plat (voir le plan). On entre dans l’église par un portail situé dans le mur latéral sud de la nef et précédé d’un porche. La tour s’élève au sud du vaisseau. Elle est accolée à la partie orientale de la nef. Les matériaux
= Les appareils
Les maçonneries de la façade occidentale, des murs latéraux de la nef et du mur du chevet présentent un appareil irrégulier formé de moëllons de schiste et de granit. Celles des murs latéraux du choeur sont faites d’un appareil assez régulier de petits blocs de granit pris dans un épais mortier.
Le schiste et le granit sont des matériaux locaux. Le granit provient du massif granitique de Vire, qui se termine par les falaises massives de Carolles et de Champeaux au nord de Saint-Jean-le-Thomas. Le schiste provient de l’auréole métamorphique de ce massif.
L’ensemble des maçonneries a été entièrement rejointoyé à l’extérieur. On note aussi la présence de briques, qui forment les claveaux des arcs des petites baies dans le mur latéral sud du choeur.
= Les enduits, sols, plafonds et toitures