Le portail muré pourrait dater du 11e siècle. “Avec ses petits carreaux irréguliers et son arc extérieur sans aucune mouluration, ni décoration, il semble archaïque. Les tympans similaires dont on peut le rapprocher paraissent être parmi les plus anciens. Il est en particulier très proche de celui de Saint-Amand près de Torigny-sur-Vire. Il se rapproche aussi de plusieurs tympans de l’Eure: La Houssaye, Rostes, La Sogue, tous édifices datés du 11e siècle.” [5]
Le portail actuellement utilisé date certainement du début du 12e siècle: voussure ornée d’une moulure torique reposant sur des colonnettes engagées, bases carrées ornées d’un double tore, corbeilles de chapiteaux surmontées d’un tailloir carré, les chapiteaux étant sculptés de crochets d’angles.
#Les restaurations des 19e et 20e siècles
En 1895 et 1896 fut construit le clocher en granit des carrières de Saint-James.
En 1964, on découvrit deux petites baies romanes dans la façade occidentale.
En 1965, la restauration du choeur de l’église fut entreprise sous la direction d’Yves-Marie Froidevaux. Les travaux suivants furent réalisés: décapage des murs intérieurs pour laisser apparaître l’appareil des maçonneries, mise à jour de cinq petites baies dans les murs latéraux, consolidation des murs latéraux par la base (les murs sans fondations furent repris en sous-oeuvre), construction partielle de la voûte en berceau de bois (terminée en 1973). En 1973, la baie centrale du mur pignon de la façade occidentale fut également murée et les deux petites baies inférieures mises à jour.
En 1974 furent découvertes des peintures murales du 12e siècle. Le décor peint a été en partie dégagé en décembre 1974. [6]
#Les décors peints
L’existence de décors peints dans l’église de Saint-Jean-le-Thomas était ignorée jusqu’en 1974. Lors de la réfection des enduits intérieurs de la nef, quelques taches de couleur sur le mur latéral sud ont attiré l’attention du curé, l’abbé Porée, qui a fait intervenir les fresquistes des Beaux-Arts.
Une partie des peintures murales a été dégagée en décembre 1974. Elles ont été datées du 12e siècle. Trois tableaux se succèdent d’est en ouest:
- Sur le tympan du portail muré, le combat d’un homme contre un ange, "un combat qui pourrait être celui de Jacob contre l’ange envoyé de Dieu, ou Dieu lui-même manifesté sous une forme visible…" [7]