Robert Beard (Pennsylvanie) est le co-fondateur de yourDictionary.com, portail de référence pour les langues. Ses meilleurs souvenirs sont liés à son site web: "Sa popularité continue de me stupéfier. Je reçois quotidiennement une douzaine de lettres de visiteurs, dont la moitié au moins me félicite pour mon travail. Je ne veux pas tomber dans une autosatisfaction démesurée, mais ces compliments me font très plaisir. Je suis également stupéfait du fait que, six ans seulement après les débuts du web, je puisse dénombrer plus de 1.200 dictionnaires en ligne qui soient dignes d'intérêt, dans plus de 200 langues différentes." Son pire souvenir: "Mon pire souvenir a été de voir mon site web copié sans mention de mon nom. Mais j'ai toujours pu résoudre ce problème. En général, mes souvenirs liés à l'internet sont positifs et ils le seront plus encore si yourDictionary.com a du succès."
Alain Clavet (Ottawa) est analyste de politiques au Commissariat aux langues officielles du Canada. Son meilleur souvenir: "La découverte des toutes les possibilités du modem-câble. La très grande vitesse du modem m'a permis de voir la puissance de ce mode de communication. Internet comme encyclopédie universelle m'est indispensable." Son pire souvenir: "La lenteur, mais c'est réglé."
Cynthia Delisle (Montréal) est consultante au Centre d'expertise et de veille inforoutes et langues (CEVEIL). Son meilleur souvenir: "Le maintien régulier et à moindre coût, grâce au courriel, du contact avec mes proches lors de séjours prolongés à l'étranger." Son pire souvenir: "D'avoir vécu des problèmes de harcèlement (envois répétitifs de courriels personnels non sollicités… c'était il y a plusieurs années, avant que les logiciels de messagerie ne soient équipés de fonctions de filtres!)."
Bill Dunlap (Paris & San Francisco) est le fondateur de Global Reach, société qui favorise le marketing international en ligne. Son meilleur souvenir: "Le fait de travailler avec des centaines de personnes tout en évitant la pression. Cela rend la vie vraiment agréable." Son pire souvenir: "J'ai plusieurs fois mis en place un forum en ligne, et plusieurs individus animés de mauvaises intentions ont commencé à envoyer des messages injurieux à l'ensemble du forum. Ces messages ont atteint des centaines de personnes qui ont à leur tour répondu par des messages injurieux, avec un effet boule de neige. Je me rappelle m'être réveillé un matin avec plus de 4.000 messages à télécharger. Quelle pagaille!"
Barbara Grimes (Hawaii) a été la directrice de publication de l'Ethnologue, encyclopédie des langues, jusqu'en décembre 2000. Son meilleur souvenir: "Le fait de recevoir des corrections et de nouvelles informations fiables." Son pire souvenir: "Des critiques peu aimables sans proposition de corrections."
Christiane Jadelot (Nancy) est ingénieur d'études à l'Institut national de la langue française (INaLF). Son meilleur souvenir: "Lorsque, pour mon problème de polices de caractères, qui était très local, j'ai reçu des réponses du monde entier! (…) J'avais à cette époque des problèmes avec un logiciel qui s'appelait Paradox et des polices de caractères inadaptées à ce que je voulais faire. J'ai tenté ma chance et posé la question dans un groupe de News approprié. J'ai reçu des réponses du monde entier, comme si chacun était soucieux de trouver une solution à mon problème! Je n'étais pas habituée à ce type de solidarité. Les habitudes en France sont plutôt de travailler avec des cloisons étanches."
Son pire souvenir: "Celui d'avoir envoyé un courrier électronique à une personne qui n'était pas destinataire. Ce mode de communication doit être utilisé avec prudence parfois. Il va plus vite que la pensée elle-même, et peut être utilisé de manière très perverse, après coup, par le destinataire."
Steven Krauwer (Utrecht, Pays-Bas) est le coordinateur d'ELSNET (European Network of Excellence in Human Language Technologies). Son meilleur souvenir: "Une nuit, j'ai entendu le fragment d'une chanson sur une station de radio étrangère, ainsi que le nom d'une personne, et par le seul biais de l'internet j'ai été capable de trouver que ce nom était celui du compositeur de la chanson, trouver le titre de la chanson, vérifier qu'il s'agissait bien de la chanson dont j'avais entendu un fragment, découvrir qu'elle faisait partie d'une comédie musicale, trouver le titre du coffret de CD de cette comédie musicale, acheter le coffret de CD en question, trouver le site web de la comédie musicale, trouver le pays et l'endroit dans lesquels cette comédie musicale était toujours à l'affiche, y compris le détail du programme avec les jours et heures des représentations, trouver le numéro de téléphone et les heures d'ouverture du bureau de location, me procurer un plan de la ville et les indications nécessaires pour trouver le théâtre. J'aurais pu également réserver mon hôtel et mon vol par l'internet mais, dans ce cas précis, cela n'a pas été nécessaire. La seule chose que je n'ai pas pu faire fut la réservation elle-même parce que, à l'époque, les réservations par l'internet venant de l'étranger n'étaient pas acceptées, pour des raisons de sécurité. J'ai passé un très bon moment au théâtre, et je ne pense pas que ceci aurait été possible sans l'internet!"
Ses mauvais souvenirs: "Rien de vraiment spécifique, mais plutôt des choses répétitives comme les courriers électroniques non sollicités à caractère commercial, les pages web remplies de publicités, les pages surchargées de graphiques inutiles et dont le téléchargement prend du temps, les liens cassés."
Caoimhín Ó Donnaíle (Ile de Skye, Ecosse) est le webmestre du principal site d'information sur le gaélique écossais, sur lequel il tient à jour une liste des langues européennes minoritaires. Son meilleur souvenir: "Avoir trouvé des informations utiles dans le cadre de ma vie privée." Son pire souvenir: "Je n'ai pas de souvenir qui soit vraiment mauvais. Juste le courant: le courrier non sollicité (spam) ou les piratages informatiques."