Alapage travaille en partenariat avec la librairie en ligne Novalis (intégrée plus tard à Alapage), qui assure elle aussi la vente par correspondance de produits culturels: disques, livres, vidéos et multimédia. En octobre 1997, les deux librairies décident de créer le premier prix littéraire francophone sur l’internet, non pas pour créer un prix littéraire de plus, mais pour constituer une "première".
Comme indiqué à la même date sur le site, "1) c’est la première fois que l'on utilise le support internet pour organiser un vote autour d'un prix littéraire. 2) C’est la première fois qu'est constitué un jury littéraire composé d'un potentiel aussi important et diversifié de votants, fidèle reflet de la diffusion de la culture française. Ce vote est en effet ouvert à nos visiteurs de tous horizons, disséminés sur les cinq continents, qui pourront émettre leur avis sur l'ensemble des ouvrages concourant aux principaux prix littéraires de fin d'année. 3) C'est la première fois qu'est imaginé un instrument de mesure de la satisfaction du lecteur et du bonheur de la lecture, qui ne soit pas seulement un outil de mesure des ventes de livres, aussi fiable soit-il."
Un vote est organisé entre le 20 octobre et le 9 novembre 1997 auprès de l'ensemble des internautes. Afin d’éviter les votes multiples, chaque voix n’est validée que si la fiche de vote est scrupuleusement remplie. Toute fiche double est annulée. Ce premier prix littéraire des internautes est remporté par Marc Trillard pour son roman Coup de lame, paru aux éditions Phébus.
A Alapage et Novalis vient se joindre une troisième librairie en ligne, Chapitre.com, créée en 1997 par Juan Pirlot de Corbion. Son catalogue de 350.000 titres est complété par une bouquinerie, un choix d’éditeurs, des liens avec 1.000 sites littéraires et culturels, et une revue des littératures intitulée Tête de chapitre.
= Au Royaume-Uni
Basée au Royaume-Uni, The Internet Bookshop (iBS) est la plus grande librairie européenne, avec 1,4 million de titres.
Initiative originale (et reprise ensuite par Amazon.com), la librairie développe un nouveau système de partenariat sur le web. Tout possesseur d’un site web peut devenir partenaire de The Internet Bookshop en sélectionnant sur son propre site un certain nombre de titres présents dans le catalogue de la librairie. Celle-ci prend en charge toute la partie commerciale, à savoir les commandes, les envois et les factures. L’internaute partenaire reçoit 10% du prix des ventes. C’est la première fois qu’une librairie en ligne propose une part aux bénéfices par le biais du web, entraînant à terme la nécessité d’une nouvelle réglementation dans ce domaine.
Autre initiative originale, en octobre 1997 The Internet Bookshop débute une politique de grosses remises, chose inconnue jusque-là. La librairie propose des remises allant jusqu’à 45%, prenant le risque d’une guerre des prix et des droits avec les libraires et les éditeurs traditionnels. Parallèlement, la librairie attend la réaction de ces derniers à sa décision de vendre des livres provenant des Etats-Unis, une vente débutée un mois auparavant, en septembre 1997. La librairie en ligne Waterstone’s (rachetée ensuite par Amazon.com) songe elle aussi à introduire des titres américains dans son catalogue, à partir de janvier 1998.
The Publishers Association, organisme représentant les éditeurs du Royaume-Uni, a fort à faire pour étudier leurs doléances, jointes à celles des libraires traditionnels, qui souhaiteraient non seulement faire interdire la vente de titres américains par des librairies en ligne britanniques, mais aussi faire interdire l’activité des librairies en ligne américaines au Royaume-Uni (sous-entendu: qu’elles ne puissent pas vendre des livres à des clients britanniques). Sur le site web, en 1997 et 1998, la rubrique iBS News (iBS: Internet Bookshop) permet de suivre pas à pas le combat engagé par les libraires en ligne contre les associations d’éditeurs et de libraires traditionnels, afin d’obtenir la suppression totale des frontières pour la vente des livres.
= Aux Etats-Unis