Le site propose des liens hypertextes vers les services en ligne des bibliothèques nationales européennes. Il couvre les pays suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, San Marino, Suède, Suisse, Turquie et Vatican. Une rubrique informe des projets communs à plusieurs pays. La recherche sur Gabriel est possible par pays ou par type de services: OPAC (online public access catalogues), bibliographies nationales, catalogues collectifs nationaux, index de périodiques, serveurs web, gophers (systèmes d’information à base de menus textuels à plusieurs niveaux), et liste complète des services en ligne par bibliothèque.

Comment Gabriel voit-il le jour? L’idée d’un site web commun aux bibliothèques nationales européennes naît en 1994 à Oslo (Norvège) lors de la réunion de la Conference of European National Libraries (CENL). En mars 1995, une nouvelle réunion rassemble les représentants de la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas), de la British Library (Royaume-Uni) et de l’Helsinki University Library (Finlande). Après s'être mises d’accord sur un projet pilote, ces trois bibliothèques sont rejointes par trois autres bibliothèques nationales: Die Deusche Bibliothek (Allemagne), la Bibliothèque nationale de France et la Biblioteka Narodowa (Pologne).

Le projet Gabriel est approuvé en septembre 1995 lors de la réunion annuelle de la CENL à Berne (Suisse). Un serveur pilote est lancé sur l’internet par la British Library, qui s’occupe ensuite de sa maintenance éditoriale avec la collaboration des bibliothèques nationales de Finlande et des Pays-Bas. La seconde étape se déroule entre octobre 1995 et septembre 1996. Les bibliothèques nationales n’ayant pas participé à la phase pilote sont invitées à se joindre au projet, ce qui permet son développement rapide. Entre-temps, de nombreuses bibliothèques débutent leur propre site web. Lors de sa réunion à Lisbonne (Portugal) en septembre 1996, la CENL décide le lancement de Gabriel, son site officiel, à compter du 1er janvier 1997. Sa maintenance éditoriale est désormais assurée par la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas).

Quelle est la situation dans les bibliothèques publiques? Internet and the Library Sphere, document de l’Union européenne, évalue à 1.000 environ le nombre de bibliothèques publiques ayant un site web en novembre 1998. Ces bibliothèques sont réparties dans une trentaine de pays. Les pays les plus représentés sont la Finlande (247 bibliothèques), la Suède (132 bibliothèques), le Royaume-Uni (112 bibliothèques), le Danemark (107 bibliothèques), l'Allemagne (102 bibliothèques), les Pays-Bas (72 bibliothèques), la Lituanie (51 bibliothèques), l'Espagne (56 bibliothèques) et la Norvège (45 bibliothèques). La Russie est présente avec 26 bibliothèques. Les pays nouvellement représentés sont la République tchèque (29 bibliothèques) et le Portugal (3 bibliothèques). Les sites sont très hétérogènes. Certains mentionnent seulement l’adresse postale de la bibliothèque et ses heures d’ouverture, tandis que d’autres proposent toute une gamme de services, avec accès direct à leur catalogue en ligne (OPAC).

= Dans le monde

Les deux grandes bibliothèques anglophones présentes sur le web sont la British Library (Royaume-Uni) et la Library of Congress (Etats-Unis). Leurs sites web sont d’autant plus intéressants qu’ils incluent toute une réflexion sur la place de l’internet et des technologies numériques dans la profession. Dans sa section Library and Information Science Resources, la Library of Congress donne une liste des bibliothèques publiques universitaires aux Etats-Unis, avec accès à leurs sites web et à leurs catalogues. Plusieurs rubriques concernent la recherche et la référence, les services techniques, les collections particulières, les bibliothèques numériques, les organisations professionnelles, les écoles en bibliothéconomie et sciences de l’information, les journaux professionnels et les fournisseurs de bibliothèques.

Un outil pratique à l'échelle mondiale est le répertoire Libweb: Library Servers via WWW, tenu à jour par Thomas Dowling au sein de la Digital Berkeley Library, la bibliothèque numérique de l’Université de Berkeley (Californie). Libweb recense la totalité des sites web de bibliothèques dans le monde, soit, à l’automne 1998, 2.500 sites web dans 70 pays. Une centaine de bibliothèques européennes est répertoriée. La mise à jour est quotidienne, tous les jours à minuit heure locale.

6.2. L’internet dans les bibliothèques

"Cyberespace. Une hallucination consensuelle expérimentée quotidiennement par des milliards d’opérateurs réguliers, dans chaque nation, par des enfants à qui on enseigne des concepts mathématiques… Une représentation graphique des données extraites des banques de tous les ordinateurs dans le système humain. Complexité incroyable. Des lignes de lumière alignées dans le non-espace de l’esprit, des agglomérats et des constellations de données. Et qui s’estompent peu à peu, comme les lumières de la ville…" En attendant le cyberespace à l’échelle mondiale décrit par William Gibson dans Neuromancien, roman de science-fiction paru en 1984, nombreux sont les bibliothécaires qui mettent sur pied des cyberespaces entre quatre murs à destination de leurs lecteurs.

= L’internet en milieu rural