Lancé en 1996, le site web de l’ARPALS a pour sous-titre: "Internet et multimédia aux champs, ou comment amener la culture en milieu rural". L’ARPALS (Amicale du regroupement pédagogique Armillac Labretonie Saint-Barthélémy) regroupe les 950 habitants de quatre villages (Armillac, Labretonie, Laperche et Saint-Barthélémy) situés dans le département du Lot-et-Garonne, dans le sud-ouest de la France. Le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) permet aux quatre villages de faire école commune afin d’éviter la fermeture de classes malheureusement fréquente dans le monde rural.
L’association met sur pied d’une part des animations (repas, kermesse, bal masqué), d’autre part une bibliothèque intercommunale de 1.300 livres en partenariat avec la Bibliothèque départementale de prêt (BDP) de Villeneuve-sur-Lot. Le site web présente une sélection de livres avec un résumé pour chacun d’eux. L’association crée aussi une médiathèque ouverte 22 heures par semaine pour un public allant de 3 à 76 ans. Quatre ordinateurs multimédia (complétés par deux imprimantes couleur et un scanner à plat) permettent la consultation de CD-Rom, le libre accès à l’internet et l’utilisation de logiciels bureautiques tels que Works, Dbase for Windows, Corel Draw, Publisher, PhotoPaint, etc.
En juin 1998, Jean-Baptiste Rey, webmestre de l’ARPALS, précise: "Le but de notre site internet est de faire connaître l'existence de la médiathèque intercommunale de St-Barthélémy et ce que nous y faisons. C'est un moyen pour nous de démontrer l'utilité et l'intérêt de ce type de structure et la simplicité de l'usage des nouvelles technologies dans le cadre d'une bibliothèque." C’est aussi un moyen de "pallier la faiblesse de notre fonds documentaire. Internet et le multimédia nous permettent d'offrir beaucoup plus de ressources et d'informations à nos usagers".
= Le cyberespace des Nations unies à Genève
L’internet peut aussi relancer les bibliothèques traditionnelles. C’est le cas de la Bibliothèque de l’Organisation des Nations unies à Genève (ONUG), sise dans l’imposant Palais des nations, entre le Lac Léman et le quartier des organisations internationales. En juillet 1997, à l’initiative de Pierre Pelou, son directeur, la bibliothèque ouvre un cyberespace de 24 postes informatiques en libre accès avec plusieurs dizaines de CD-Rom en réseau et connexion à l’internet. Très rapidement, de l’avis du personnel, "la consultation électronique induit une plus grande consultation imprimée et un renforcement de toutes les formes de recherche". Dépassant les prévisions les plus optimistes, ce cyberespace joue le rôle de catalyseur, amenant un nouveau public, jeune, varié et enthousiaste, à consulter les collections de la bibliothèque et à utiliser ses autres services.
Aménagé au premier étage de la bibliothèque par Antonio Bustamante, architecte au Palais des nations, ce cyberespace est mis gratuitement à la disposition des représentants des missions permanentes, délégués de conférences, fonctionnaires internationaux, chercheurs, étudiants, journalistes, membres des professions libérales, ingénieurs et techniciens, sans sélection par le rang, chose assez rare dans ce milieu. Le premier arrivé est le premier servi. A l’ouverture en 1997, les 24 stations comprennent chacune un ordinateur multimédia, un lecteur de CD-Rom et un casque individuel. Chaque groupe de trois ordinateurs est relié à une imprimante laser. Suite au succès du premier cyberespace, un deuxième cyberespace ouvre en avril 1998, deux étages plus haut, avec six postes informatiques et une vue imprenable sur le lac Léman et la chaîne des Alpes.
Chaque station permet de consulter l’internet, d’avoir accès à sa messagerie électronique et d’utiliser le traitement de texte WordPerfect. Sont disponibles aussi les services suivants: a) le système optique des Nations unies, b) un serveur regroupant une cinquantaine de CD-Rom en réseau, c) la banque de données UNBIS (United Nations Bibliographic Information System), coproduite par les deux bibliothèques des Nations unies à New York et à Genève, d) le catalogue de la Bibliothèque de l’Office des Nations unies à Genève, e) Profound, un ensemble de banques de données économiques et commerciales, f) RERO, le catalogue du Réseau romand des bibliothèques suisses (qui comprend le catalogue de la Bibliothèque des Nations unies de Genève à titre de bibliothèque associée), g) plusieurs CD-Rom multimédia (Encarta 97, L’Etat du monde, Elysée 2, Nuklear, etc.), h) des vidéocassettes multistandards et des DVD présentant des programmes, films et documentaires sur l’action internationale et l’action humanitaire.
= L’Union européenne
L’Union européenne dispose quant à elle d’un Programme des bibliothèques dont l’objectif est double: aider au développement des ressources internet et faciliter les connexions des bibliothèques, ainsi que l’interconnexion des bibliothèques entre elles. Géré par la Commission européenne, le portail I*M Europe (scindé ensuite en plusieurs portails) présente l’actualité du marché européen du multimédia et de l’information électronique. Le site web est en anglais, avec des documents dans les onze langues européennes officielles.
Emanant de CoBRA (Computerised Bibliographic Record Action), forum de l’Union européenne consacré à l’édition électronique, le projet BIBLINK est lancé en avril 1996 pour établir des liens entre les agences bibliographiques nationales et les éditeurs de documents électroniques, afin de contribuer à la création d’un service bibliographique qui fasse autorité. L’objectif est la mise en service d’un système permettant aux éditeurs de documents électroniques de transmettre aux services bibliographiques nationaux des notices de base comportant un nombre minimal d’informations sur ces documents. Ces services bibliographiques seront ensuite autorisés à compléter les notices de base, notamment par le contrôle d’autorités sur les noms propres et l’ajout de mots-clés correspondant aux sujets traités, et à retransmettre ensuite les notices complétées aux éditeurs. (Une fois réalisé, ce projet prend fin en février 2000.)