Le web se développant rapidement, un système de classement devient vite indispensable. On assiste à l’apparition d’annuaires, avec classement des sites par le cerveau humain, et de moteurs de recherche, avec gestion totalement informatisée.
L’annuaire le plus utilisé est Yahoo!, acronyme de: Yet Another Hierarchical Officious Oracle! Créé en 1994 par deux étudiants de l’Université de Stanford (Californie) pour recenser les sites web et les classer par thèmes, Yahoo! devient rapidement une institution. Divisé en 63 grandes catégories, il comprend notamment des secteurs sur les bibliothèques, les bibliothèques numériques, les textes électroniques, etc. Consultable en anglais, allemand, coréen, français, japonais, norvégien et suédois, Yahoo! travaille de concert avec le moteur de recherche AltaVista. Quand une recherche ne donne pas de résultat sur l’un, elle est automatiquement aiguillée sur l’autre. De plus, depuis la fin 1998, l’utilisateur peut personnaliser sa page d’accueil en utilisant Mon Yahoo!
Les moteurs de recherche permettent de lancer une requête dans de gigantesques bases de données entièrement automatisées. Le moteur de recherche le plus utilisé, AltaVista, est disponible dans quatorze langues, dont le français. La recherche par sujets est possible dans AltaVista Subject Search, une fonction qui sera plus tard intégrée dans la page d’accueil.
= La connexion au réseau
En 1998, le seul véritable point faible du web, ce sont les délais d’attente imprévisibles nécessaires pour se connecter à son fournisseur d’accès à l’internet (FAI). Ces délais mettent les nerfs de l’internaute pressé à rude épreuve et devraient être résolus à plus ou moins long terme. Après avoir été un véritable périple initiatique, se connecter pour la première fois au réseau devient plus facile que par le passé (avec l’iMac par exemple), les constructeurs prenant enfin en considération le fait que les usagers ne sont pas tous des professionnels de l’informatique. Une fois qu’on est connecté, naviguer sur le web demande également de la patience, le chargement rapide des pages web étant encore du domaine de l’avenir, surtout pour les sites comportant des images. L’usager peut toutefois être confiant, puisque ces quelques problèmes devraient disparaître dans les prochaines années. "Il a fallu inventer la hache de pierre avant de construire la Tour Eiffel", écrit à juste titre Jean-Paul, internaute convaincu, en juin 1998.
Pour le moment, le plus souvent, un particulier se connecte à l’internet par le biais d’un modem branché sur sa ligne de téléphone. Ce modem permet de transformer les données numériques de l’ordinateur en données analogiques pouvant être transmises par les fils de cuivre de la ligne téléphonique, et inversement. La ligne de téléphone constitue une bande passante étroite, le débit ne dépassant pas 33,6 puis 56 Kbps (kilobits par seconde).
A la bande passante étroite succéderont la bande passante moyenne (comme le RNIS) puis la bande passante large (comme l’ADSL), qui éviteront les délais de connexion et permettront un chargement rapide des images. D’ores et déjà, la carte RNIS (réseau numérique à intégration de services) autorise une transmission rapide des données par le câble du téléphone, parallèlement à la transmission de la voix et du fax. Le procédé ADSL (asymmetric digital subscriber line) utilise également le câble du téléphone, avec une technologie différente et un débit de transmission supérieur au RNIS.
Aux traditionnels câbles métalliques succèdent les câbles en fibres optiques, qui permettent la transmission des données à très haut débit. Ces câbles utilisent la technologie ATM (asynchronous tranfer mode), un protocole pouvant transmettre tout type d’information, y compris la voix et la vidéo, par l’acheminement indépendant de cette information fragmentée en de multiples paquets et reconstituée à l’arrivée pour recomposer l’information initiale, le tout dans un délai infime.
Dans leur livre Cyberplanète: notre vie en temps virtuel (paru en 1998 aux éditions Autrement), Philip Wade et Didier Falkand indiquent que les Etats-Unis installent 6.000 kilomètres de câbles en fibres optiques par jour. La tâche est telle que, à ce rythme, il leur faudra 890 ans et 700 milliards de dollars d'investissement pour remplacer toutes les lignes de téléphone classiques. Pour une opération similaire, le Japon aura besoin de quinze ans et 500 milliards de dollars.
Pour permettre des échanges de données rapides sans câblage, on envisage d’installer des satellites en orbite basse d’ici 2005. Situés à moins de 2.000 km d'altitude, ces satellites auront un temps de réponse de vingt millisecondes, correspondant à celui d’un câble en fibres optiques. En 1998, plusieurs programmes de recherche sont en cours, dont le programme européen Skybridge et les programmes américains Celestru et Teledesic.