Autre expérience, celle d’Emmanuel Barthe. En 2000, il est documentaliste juridique et responsable informatique de Coutrelis & Associés, un cabinet d’avocats parisien. "Les principaux domaines de travail du cabinet sont le droit communautaire, le droit de l’alimentation, le droit de la concurrence et le droit douanier, écrit-il en octobre 2000. Je fais de la saisie indexation, et je conçois et gère les bases de données internes. Pour des recherches documentaires difficiles, je les fais moi-même ou bien je conseille le juriste. Je suis aussi responsable informatique et télécoms du cabinet: conseils pour les achats, assistance et formation des utilisateurs. De plus, j’assure la veille, la sélection et le catalogage de sites web juridiques: titre, auteur et bref descriptif. Je suis également formateur internet juridique aussi bien à l’intérieur de mon entreprise qu’à l’extérieur lors de stages de formation."
A la même époque, Emmanuel Barthe est aussi le modérateur de Juriconnexion, une liste de discussion créée par l’association du même nom. "L’association Juriconnexion a pour but la promotion de l’électronique juridique, c’est-à-dire la documentation juridique sur support électronique et la diffusion des données publiques juridiques. Elle organise des rencontres entre les utilisateurs et les éditeurs juridiques (et de bases de données), ainsi qu’une journée annuelle sur un thème. Vis-à-vis des autorités publiques, Juriconnexion a un rôle de médiateur et de lobbying à la fois. L’association, notamment, est favorable à la diffusion gratuite sur internet des données juridiques produites par le Journal officiel et les tribunaux. Les bibliothécaires-documentalistes juridiques représentent la majorité des membres de l’association, suivis par certains représentants des éditeurs et des juristes."
= En 2001
En 2001, Anissa Rachef est bibliothécaire et professeure à l’Institut français de Londres. Présents dans de nombreux pays, les instituts français sont des organismes officiels proposant des cours et des manifestations culturelles. A Londres, 5.000 étudiants environ s’inscrivent chaque année aux cours. Inaugurée en mai 1996, la médiathèque utilise l’internet dès sa création.
"L’objectif de la médiathèque est double, explique Anissa Rachef en avril 2001. Servir un public s’intéressant à la culture et la langue françaises et 'recruter' un public allophone en mettant à disposition des produits d’appel tels que vidéos documentaires, livres audio, CD-Rom. La mise en place récente d’un espace multimédia sert aussi à fidéliser les usagers. L’installation d’un service d’information rapide a pour fonction de répondre dans un temps minimum à toutes sortes de questions posées via le courrier électronique, ou par fax. Ce service exploite les nouvelles technologies pour des recherches très spécialisées. Nous élaborons également des dossiers de presse destinés aux étudiants et professeurs préparant des examens de niveau secondaire. Je m’occupe essentiellement de catalogage, d’indexation et de cotation. (…)
J’utilise internet pour des besoins de base. Recherches bibliographiques, commande de livres, courrier professionnel, prêt inter-bibliothèques. C’est grâce à internet que la consultation de catalogues collectifs, tels SUDOC (Système universitaire de documentation) et OCLC (OCLC Online Union Catalog), a été possible. C’est ainsi que j’ai pu mettre en place un service de fourniture de documents extérieurs à la médiathèque. Des ouvrages peuvent désormais être acheminés vers la médiathèque pour des usagers ou bien à destination des bibliothèques anglaises."
5.4. De la conservation à la communication
Face à un web encyclopédique et des bibliothèques numériques de plus en plus nombreuses, les jours des bibliothèques traditionnelles sont-ils comptés? La bibliothèque numérique rend enfin compatibles deux objectifs qui ne l’étaient guère, à savoir la conservation des documents et leur communication. Dorénavant le document ne quitte son rayonnage qu’une seule fois pour être scanné, et le grand public y a facilement accès.
En 2003, toute bibliothèque traditionnelle quelque peu dynamique a ses collections numériques, soit à usage interne, soit en accès libre sur le web, ce qui rend obsolètes les problèmes du passé: consultation freinée sinon empêchée par le souci de conservation, heures d’ouverture réduites, nombreux formulaires à remplir, longs délais de communication, pénurie de personnel. Autant de barrières à franchir qui demandaient souvent au lecteur une patience et une détermination hors du commun pour arriver jusqu’au document. A présent, si on tient absolument à consulter l’original, on le fait en connaissance de cause, après avoir feuilleté son fac-similé sur le web.
Voici un exemple parmi d’autres. En décembre 2000, le site web de la Bibliothèque municipale de Lyon donne accès à la plus importante collection française d’enluminures médiévales, soit 12.000 images scannées à partir des ouvrages précieux de la bibliothèque. Les 457 ouvrages sélectionnés sont des manuscrits s’échelonnant entre le 5e et le 16e siècles, des incunables et des livres de la Renaissance. Certains sont à dominante religieuse: bibles, missels, bréviaires, pontificaux, livres d’heures, droit canon. D’autres, à dominante profane, traitent de philosophie, d’histoire, de littérature, de sciences, etc. Les images qui ont été numérisées sont les peintures en pleine page et les miniatures, ainsi que les initiales ornées et les décors des marges.