La bibliothèque poursuit ensuite la numérisation de ses collections. Début 2003, plusieurs fonds spécialisés sont en accès libre sur le web: manuscrits, livres imprimés anciens, manuscrits autographes, collections locales (Lyon) et régionales (Rhône-Alpes), ésotérisme et franc-maçonnerie, fonds de la première guerre mondiale (1914-1918), estampes, affiches, livres d’artistes, photographies, fonds Lacassagne (père de l’école lyonnaise d’anthropologie criminelle), fonds chinois, arts du spectacle, et enfin collection jésuite des Fontaines.

Un deuxième exemple particulièrement significatif est la mise en ligne en novembre 2000 de la version numérique de la Bible de Gutenberg, premier ouvrage à avoir jamais été imprimé. Datant de 1454-1455, cette Bible aurait été imprimée par Gutenberg en 180 exemplaires dans son atelier de Mayence (Allemagne). 48 exemplaires, dont certains incomplets, existeraient toujours. La British Library en possède deux versions complètes, et une partielle. En mars 2000, dix chercheurs et experts techniques de l’Université Keio de Tokyo et de NTT (Nippon Telegraph and Telephone Communications) viennent travailler sur place pendant deux semaines pour numériser ces deux Bibles, légèrement différentes, à l’aide de matériels hautement sophistiqués.

La bibliothèque numérique menace-t-elle l’existence de la bibliothèque traditionnelle? En 1997 et 1998, sur leur site web, plusieurs grandes bibliothèques expliquent que, à côté d’un secteur numérique en pleine expansion, la communication physique des documents reste essentielle. Ces commentaires ont depuis disparu.

La raison d’être des bibliothèques nationales et autres grandes bibliothèques de conservation est de préserver un patrimoine accumulé au fil des siècles: manuscrits, incunables, livres imprimés, journaux, périodiques, gravures, partitions musicales, photos, films, etc. Ceci n’est pas près de changer. Si le fait de disposer de supports numériques favorise la communication, il faut bien un endroit pour stocker les documents physiques originaux, à commencer par les Bibles de Gutenberg. Les bibliothèques nationales archivent d'ailleurs aussi les documents électroniques et les pages web. A la Bibliothèque nationale de France (BnF) par exemple, il a été décidé d’archiver entre autres les sites dont le nom de domaine se termine en ".fr", ou encore les sites de la campagne électorale pour les présidentielles de 2002.

Les bibliothèques publiques ne semblent pas près de disparaître non plus. A l’heure actuelle, malgré la curiosité suscitée par le livre numérique, les lecteurs assurent qu’ils ne sont pas prêts à lire Zola ou Proust à l’écran. Mais ceci risque de changer dans quelques années, quand les enfants ayant appris à lire directement à l’écran seront arrivés à l’âge adulte.

Si les bibliothèques nationales et les bibliothèques publiques sont toujours utiles en 2003, la situation est différente pour les bibliothèques spécialisées. Dans nombre de domaines où l’information la plus récente est primordiale, on s’interroge maintenant sur la nécessité d’aligner des documents imprimés sur des rayonnages, alors qu’il est tellement plus pratique de rassembler, stocker, archiver, organiser, cataloguer et diffuser des documents électroniques, et de les imprimer seulement à la demande.

6. UNE VASTE ENCYCLOPEDIE

[6.1. Dictionnaires en ligne / 6.2. Bases textuelles sur le web]

Moyen de connaissance et de diffusion sans précédent, le web propose de nombreux outils de référence en ligne, en accès libre ou bien sur abonnement gratuit ou payant: dictionnaires et encyclopédies de renom, dictionnaires de langues, bases terminologiques, bases textuelles, archives d’articles scientifiques et médicaux, etc. Si certains organismes facturent l’utilisation de leurs bases de données, d’autres tiennent à ce que les leurs soient en accès libre, l’internet rendant enfin possible à très large échelle la diffusion libre du savoir.

6.1. Dictionnaires en ligne