Actuellement, le GETA reste actif en TAO du réviseur, mais réoriente sa recherche, depuis 1988, vers la TAO individuelle, qui comporte deux volets, la TAO du traducteur et celle du rédacteur. Les définitions de ces deux TAO sont données sur le site:

"La TAO du traducteur consiste à offrir des outils de bureautique linguistique à des traducteurs (professionnels ou occasionnels). C'est l'homme qui traduit. Dans ce domaine, nous travaillons en coopération avec d'autres groupes de recherche, qui apportent des données ou outils linguistiques (lexiques, lemmatiseurs), et nous nous intéressons aux problèmes informatiques liés à l'intégration de ces éléments sous une forme utilisable par des traducteurs occasionnels, désireux de les employer depuis leurs applications favorites. Nous avons récemment élaboré et proposé en collaboration avc SITE-Eurolang, le projet Montaigne, qui vise à mettre à disposition de la communauté scientifique le logiciel Eurolang-Optimizer, via Internet, et à l'utiliser pour constituer des grosses bases terminologiques pouvant ensuite aussi alimenter des systèmes automatiques.

La TAO du rédacteur est l'objectif principal des travaux en cours, regroupés dans le projet LIDIA. L'idée de base est d'offrir à un rédacteur unilingue la possibilité de rédiger dans sa langue, et, au prix d'un dialogue de standardisation et de désambiguïsation (qu'il conviendra de rendre le moins lourd et le plus convivial possible), d'être traduit dans plusieurs langues, sans révision ou avec une révision minimale. Il s'agit donc de TAO fondée sur le dialogue (DBMT, pour dialogue-based machine translation) et de préédition indirecte, mais c'est bien la machine qui traduit. Une première maquette, LIDIA-1, partant du français et allant vers l'allemand, le russe et l'anglais, a été spécifiée et réalisée au cours des trois dernières années.

Le GETA participe aussi au projet de l'Universal Networking Language (UNL) sous l'égide de l'Université des Nations Unies (UNU). Voici la présentation du projet préparée en septembre 1998 par Christian Boitet, directeur du GETA:

"Il s'agit non de TAO habituelle, mais de communication et recherche d'information multilingue. 14 groupes ont commencé le travail sur 12 langues (plus 2 annexes) depuis début 97. L'idée est:

- développer un standard, dit UNL, qui serait le HTML du contenu linguistique.

- pour chaque langue, développer un générateur (dit 'déconvertisseur') accessible sur un ou plusieurs serveurs, et un 'enconvertisseur'.

L'UNU (Université des Nations Unies, Tokyo) finance 50% du coût. D'après notre évaluation sur la première année, c'est plutôt 30 à 35%, car le travail (linguistique et informatique) est énorme, et le projet passionnant: les permanents des laboratoires s'y investissent plus que prévu. […]

La déconversion tourne pour le japonais, le chinois, l'anglais, le portugais, l'indonésien, et commence à tourner pour le français, l'allemand, le russe, l'italien, l'espagnol, l'hindi, l'arabe, et le mongol.

Chaque langue a une base lexicale de 30.000 à 120.000 liens UW [universal word]—lexème.