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Le site OneLook Dictionaries est lancé en avril 1996 par Robert Ware pour offrir un point d’accès commun à des centaines de dictionnaires en ligne.

Outre les dictionnaires généraux, ces dictionnaires concernent l’économie et les affaires, l’informatique et l’internet, la médecine, la religion, les sciences et techniques, le sport et l’argot.

Robert Ware explique en septembre 1998: «À titre personnel, je suis presque uniquement en contact avec des gens qui parlent une seule langue et n'ont pas beaucoup de motivation pour développer leurs aptitudes linguistiques. Être en contact avec le monde entier change cette approche des choses. Et la change en mieux ! (…) J'ai été long à inclure des dictionnaires non anglophones, en partie parce que je suis monolingue. Mais vous en trouverez maintenant quelques-uns.»

Robert raconte aussi dans le même entretien: «Un fait intéressant s'est produit par le passé qui a été très instructif pour moi. En 1994, je travaillais pour un établissement scolaire et j'essayais d'installer un logiciel sur un modèle d'ordinateur particulier. J'ai trouvé une personne qui était en train de travailler sur le même problème, et nous avons commencé à échanger des courriels. Soudain, cela m'a frappé… Le logiciel avait été écrit à quarante kilomètres de là, mais c'était une personne située à l'autre bout du monde qui m'aidait. Les distances et l'éloignement géographique n'importaient plus! Et bien, ceci est formidable, mais à quoi cela nous mène-t-il? Je ne puis communiquer qu'en anglais mais, heureusement, mon correspondant pouvait utiliser aussi bien l'anglais que l'allemand qui était sa langue maternelle. L'internet a supprimé une barrière, celle de la distance, mais il subsiste la barrière de la langue, bien réelle.

Il semble que l'internet propulse simultanément les gens dans deux directions différentes. L'internet, anglophone à l'origine, relie les gens dans le monde entier. Par là-même, il favorise une langue commune pour communiquer. Mais il suscite aussi des contacts entre des personnes de langue différente et permet ainsi de développer un intérêt plus grand pour le multilinguisme. Si une langue commune est appréciable, elle ne remplace en aucun cas la nécessité de plusieurs langues. L'internet favorise ainsi à la fois une langue commune et le multilinguisme, et ceci est un facteur qui aide à trouver des solutions. L'intérêt croissant pour les langues et le besoin qu'on en a stimulent de par le monde la création de cours de langues et d'instruments d'aide linguistique, et l'internet fournit la possibilité de les rendre disponibles rapidement et à bon marché.»

OneLook Dictionaries compte 2 millions de termes provenant de 425 dictionnaires en 1998, 2,5 millions de termes provenant de 530 dictionnaires en 2000, 5 millions de termes provenant de 910 dictionnaires en 2003 et 19 millions de termes provenant de 1 060 dictionnaires en 2010.

1997 > UN WEB ANGLOPHONE À 82,3%

[Résumé] L'internet est d’abord anglophone à pratiquement 100%, puisqu'il débute en 1974 aux États-Unis en tant que réseau reliant les agences gouvernementales, les universités et les centres de recherche, grâce aux investissements considérables du gouvernement, avant de s’étendre à la communauté anglophone puis au monde entier. Vingt ans plus tard, Babel, initiative conjointe de l'Internet Society et d’Alis Technologies, mène la première étude relative à la répartition des langues sur le web. Daté de juin 1997 et disponible en sept langues, le «Palmarès des langues de la toile» donne les pourcentages de 82,3% pour l'anglais, 4% pour l'allemand, 1,6% pour le japonais, 1,5% pour le français, 1,1% pour l'espagnol, 1,1% pour le suédois et 1% pour l'italien. Trois ans plus tard, en été 2000, 78% des pages web sont en anglais, et 50% des usagers sont non anglophones.

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