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L'UNL (Universal Networking Language) est un projet de métalangage numérique pour l'encodage, le stockage, la recherche et la communication d'informations multilingues.
Il s'agirait d'une interlangue formant une passerelle entre une langue source et une langue cible et offrant ainsi une solution au problème de communication posé par la barrière des langues.
L’UNL est développé à partir de 1996 sous l'égide de l'Institute of Advanced Studies (IAS) de l'Université des Nations Unies (UNU) à Tokyo (Japon) au sein de l’UNL Programme, un programme international impliquant de nombreux partenaires dans plusieurs communautés linguistiques.
En 1998, 120 chercheurs de par le monde travaillent sur un projet plurilingue comportant seize langues (allemand, anglais, arabe, brésilien, chinois, espagnol, français, hindou, indonésien, italien, japonais, letton, mongolien, russe, swahili, thaï).
Au sein de l’IMAG (Institut d’informatique et de mathématiques appliquées de Grenoble), le GETA (Groupe d’étude pour la traduction automatique) participe à l’UNL Programme. Christian Boitet, son directeur, explique en septembre 1998: «Il s'agit non de TAO [traduction assistée par ordinateur] habituelle, mais de communication et recherche d'information multilingue. Quatorze groupes ont commencé le travail sur douze langues (plus deux annexes) depuis début 1997. L'idée est de: (a) développer un standard, dit UNL, qui serait le HTML du contenu linguistique; (b) pour chaque langue, développer un générateur (dit "déconvertisseur") accessible sur un ou plusieurs serveurs, et un "enconvertisseur".»
Les applications possibles sont le courriel multilingue, les informations multilingues, les dictionnaires numériques pour la lecture des langues étrangères sur le web et enfin la traduction automatique pour la navigation sur le web et la veille informatique.
Quelles sont les perspectives? D’après Christian Boitet, «le plan général est d'ouvrir le projet aux autres langues de l'ONU en 2000. Il faudrait arriver à un état satisfaisant pour les douze autres avant. Du point de vue politique et culturel, ce projet est très important, en ce qu'il montre pour la première fois une voie possible pour construire divers outils soutenant l'usage de toutes les langues sur internet, qu'elles soient majoritaires ou minoritaires. En particulier, ce devrait être un projet majeur pour la Francophonie.»
Ce programme se poursuit ensuite sous l'égide de la Fondation UNDL
(Universal Networking Digital Language), créée en janvier 2001 à
Genève (Suisse) pour développer et promouvoir le projet UNL, en
partenariat avec les Nations Unies.
Comme expliqué en 2010 sur le wiki en langue française du projet, «l'UNL est une langue artificielle créée pour prendre en compte les informations et connaissances véhiculées par les langues humaines. Elle est dotée de composantes lexicales, grammaticales et sémantiques, comme les langues naturelles. Couplée à l’intelligence artificielle, l’UNL facilite la communication entre l’homme et la machine, et par le biais de la machine, entre tous les peuples dans la langue maternelle de chacun. Notre première tâche est de compléter le système UNL. Ensuite, le mettre au service des toutes les nations.»