# Une tâche énorme

Mais la tâche s’annonce rude. Patrick Rebollar, professeur de français et de littérature française au Japon et modérateur de la liste de diffusion LITOR (Littérature et ordinateur), précise en janvier 2000: «Il s'agit d'abord d'un problème logiciel. Comme on le voit avec Netscape ou Internet Explorer, la possibilité d'affichage multilingue existe. La compatibilité entre ces logiciels et les autres (de la suite Office de Microsoft, par exemple) n'est cependant pas acquise. L'adoption de la table Unicode devrait résoudre une grande partie des problèmes, mais il faut pour cela réécrire la plupart des logiciels, ce à quoi les producteurs de logiciels rechignent du fait de la dépense, pour une rentabilité qui n'est pas évidente car ces logiciels entièrement multilingues intéressent moins de clients que les logiciels de navigation.»

Luc Dall’Armellina, co-auteur et webmestre d’oVosite, un espace d’écriture hypermédia, écrit en juin 2000: «Les systèmes d’exploitation se dotent peu à peu des kits de langues et bientôt peut-être de polices de caractères Unicode à même de représenter toutes les langues du monde; reste que chaque application, du traitement de texte au navigateur web, emboîte ce pas. Les difficultés sont immenses: notre clavier avec ses ± 250 touches avoue ses manques dès lors qu’il faille saisir des Katakana ou Hiragana japonais, pire encore avec la langue chinoise. La grande variété des systèmes d’écriture de par le monde et le nombre de leurs signes font barrage. Mais les écueils culturels ne sont pas moins importants, liés aux codes et modalités de représentation propres à chaque culture ou ethnie.» Un sentiment prémonitoire puisque l’Unicode ne supplantera l’ASCII qu’en décembre 2007.

1994 > TRAVLANG, DES LANGUES POUR VOYAGER

[Résumé] Les premiers dictionnaires de langues en ligne sont d’un niveau très moyen, mais il faut un début à tout et ils dépannent les voyageurs. En 1994, Michael C. Martin, étudiant en physique, crée d’abord une rubrique intitulée «Foreign Languages for Travelers» sur le site de son université à New York. L'année suivante, il lance Travlang, un site dédié à la fois aux voyages et aux langues, nommé meilleur site de voyages en 1997. En août 1998, la section «Foreign Languages for Travelers» permet d'apprendre les rudiments de soixante langues sur le web. La section «Translating Dictionaries» donne accès à des dictionnaires gratuits dans quinze langues (afrikaans, allemand, danois, espagnol, espéranto, finnois, français, frison, hollandais, hongrois, italien, latin, norvégien, portugais, tchèque). Ces dictionnaires sont le plus souvent sommaires et de qualité inégale. D’autres sections offrent des liens vers des services de traduction, des écoles de langue, des librairies multilingues, etc.

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Les premiers dictionnaires de langues disponibles sur le web - tels ceux de Travlang - sont d’un niveau très moyen, mais il faut un début à tout. Ils dépannent les voyageurs et fraient une voie aux bons sites de dictionnaires qui suivront ensuite.

En 1994, Michael C. Martin, étudiant en physique, crée d’abord une rubrique intitulée «Foreign Languages for Travelers» sur le site de son université à New York, pour apprendre les langues sur le web. Cette rubrique s'étoffe rapidement et rencontre un grand succès. L'année suivante, il lance Travlang, un site dédié à la fois aux voyages et aux langues, nommé meilleur site de voyages en 1997. Devenu chercheur en physique au Lawrence Berkeley National Laboratory (Californie), Michael continue de gérer Travlang lui- même.

En 1998, la section «Foreign Languages for Travelers» permet d’apprendre les rudiments de soixante langues sur le web. La section «Translating Dictionaries» donne accès à des dictionnaires gratuits dans quinze langues (afrikaans, allemand, danois, espagnol, espéranto, finnois, français, frison, hollandais, hongrois, italien, latin, norvégien, portugais, tchèque). Ces dictionnaires sont le plus souvent sommaires et de qualité inégale.

D’autres sections offrent des liens vers des services de traduction, des écoles de langue, des librairies multilingues, etc. On peut également réserver son hôtel, sa voiture ou son billet d’avion, s’informer des taux de change ou encore consulter un index de 7.000 liens vers d’autres sites de langues et de voyages.