L'Unicode est maintenu par l'Unicode Consortium. Il devient une composante des spécifications du World Wide Web Consortium (W3C), fondé en octobre 1994 pour promouvoir le développement du web. L’utilisation de l’Unicode se généralise à partir de 1998, par exemple pour les fichiers texte sous plateforme Windows (Windows NT, Windows 2000, Windows XP et versions suivantes), qui étaient jusque-là en ASCII.

# Une tâche énorme

Mais la tâche s’annonce rude. Patrick Rebollar, professeur de français et de littérature française au Japon et modérateur de la liste de diffusion LITOR (Littérature et ordinateur), précise en janvier 2000: «Il s'agit d'abord d'un problème logiciel. Comme on le voit avec Netscape ou Internet Explorer, la possibilité d'affichage multilingue existe. La compatibilité entre ces logiciels et les autres (de la suite Office de Microsoft, par exemple) n'est cependant pas acquise. L'adoption de la table Unicode devrait résoudre une grande partie des problèmes, mais il faut pour cela réécrire la plupart des logiciels, ce à quoi les producteurs de logiciels rechignent du fait de la dépense, pour une rentabilité qui n'est pas évidente car ces logiciels entièrement multilingues intéressent moins de clients que les logiciels de navigation.»

Luc Dall’Armellina, co-auteur et webmestre d’oVosite, un espace d’écriture hypermédia, écrit en juin 2000: «Les systèmes d’exploitation se dotent peu à peu des kits de langues et bientôt peut-être de polices de caractères Unicode à même de représenter toutes les langues du monde; reste que chaque application, du traitement de texte au navigateur web, emboîte ce pas. Les difficultés sont immenses: notre clavier avec ses ± 250 touches avoue ses manques dès lors qu’il faille saisir des Katakana ou Hiragana japonais, pire encore avec la langue chinoise. La grande variété des systèmes d’écriture de par le monde et le nombre de leurs signes font barrage. Mais les écueils culturels ne sont pas moins importants, liés aux codes et modalités de représentation propres à chaque culture ou ethnie.» Un sentiment prémonitoire puisque l’Unicode ne supplantera l’ASCII qu’en décembre 2007.

1992 > DES RÉPERTOIRES DE TEXTES ÉLECTRONIQUES

[Résumé] Les premiers textes électroniques sont recensés dans les Etext Archives, répertoire créé en 1992 par Paul Southworth, et dans l’E- Zine-List, liste créée en 1993 par John Labovitz. Les premiers titres purement électroniques sont des textes courts de tous ordres, souvent politiques au début, auxquels succèdent les e-zines (electronic zines), rédigés par une personne ou un petit groupe sur des sujets souvent culturels, sans publicité ni profit commercial. Les Etext Archives sont créées en 1992 par Paul Southworth, et hébergées sur le site web de l’Université du Michigan (États-Unis). Elles sont “un lieu d’accueil pour les textes électroniques de tout genre”, sans juger de leur contenu. L’E-Zine-List est créée en été 1993 par John Labovitz. En cinq ans, de 1993 à 1998, les quelques dizaines d'e-zines deviennent plusieurs centaines (3.045 e-zines recensés en novembre 1998). Le champ de l’e-zine s'élargit pour recouvrir tout type de publication publiée par voie électronique.

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Les premiers textes électroniques sont recensés dans les Etext
Archives, répertoire créé en 1992 par Paul Southworth, et dans l’E-
Zine-List, liste créée en 1993 par John Labovitz.

Les premiers titres purement électroniques sont des textes courts de tous ordres, souvent politiques au début. Viennent ensuite les e-zines (zines électroniques), rédigés par une personne ou un petit groupe sur des sujets souvent culturels.

Qu’est-ce exactement qu’un zine? John explique sur le site: «Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas le monde du zine, “zine" est l’abrégé de "fanzine" ou "magazine" selon votre point de vue. Les zines sont en général l’oeuvre d’une personne ou d’un petit groupe, souvent rédigée pour le plaisir ou pour des raisons personnelles, et sont le plus souvent irrévérencieux, bizarres et/ou ésotériques. Les zines ne sont pas des publications grand public - le plus souvent ils ne contiennent pas de publicité (sauf parfois des publicités pour d’autres zines), ils ne sont pas dirigés vers une audience de masse et ils ne visent pas un profit commercial. Un "e-zine" est un zine qui est distribué en partie ou uniquement sur des réseaux électroniques tels que l’internet.»