# La politique atypique de la NAP
Une politique atypique porte donc ses fruits. Éditeur universitaire, la National Academy Press (qui devient ensuite la National Academies Press) publie environ 200 livres par an, surtout des ouvrages scientifiques et techniques et des ouvrages médicaux. En 1994, l'éditeur choisit de mettre en accès libre sur le web le texte intégral de plusieurs centaines de livres, afin que les lecteurs puissent les «feuilleter» à l’écran, comme ils l’auraient fait dans une librairie, avant de les acheter ensuite si utile.
Ce sont les auteurs eux-mêmes qui, pour mieux faire connaître leurs livres, demandent que ceux-ci soient mis en ligne sur le site, avec succès, puisque les ventes augmentent pour leurs correspondants imprimés.
Pour l’éditeur, l’internet est un nouvel outil de marketing face aux 50.000 ouvrages publiés chaque année aux États-Unis. Une réduction de 20% est accordée pour toute commande effectuée en ligne. La présence de ces livres sur le web entraîne aussi une augmentation des ventes par téléphone. En 1998, le site de la NAP propose le texte intégral d’un millier de titres.
# La MIT Press lui emboîte le pas
La solution choisie par la NAP est adoptée en 1995 par la MIT Press (MIT: Massachusetts Institute of Technology). À cette date, la MIT Press publie 200 livres par an et 40 périodiques, dans divers domaines: sciences et technologies, architecture, sciences sociales, économie, sciences cognitives et informatique. Nombre de livres sont mis en ligne gratuitement sur le site, afin de marquer «un engagement à long terme pour une utilisation efficace et créative des nouvelles technologies». La MIT Press voit rapidement les ventes de livres imprimés augmenter pour les titres disponibles gratuitement en version intégrale sur le web.
Ces initiatives sont saluées par d'autres maisons d'édition, qui hésitent cependant à se lancer dans l'aventure, pour trois raisons: le coût excessif qu'entraîne la mise en ligne de milliers de pages, les problèmes liés au droit d'auteur, et enfin la peur d'une «concurrence» entre les versions numériques gratuites et les versions imprimées payantes, concurrence qu'ils estiment nuisible aux ventes, même si les expériences menées par la NAP et la MIT Press démontrent le contraire.
1994 > ATHENA, BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE
[Résumé] Les premières bibliothèques numériques francophones débutent avec la saisie patiente de livres imprimés ligne après ligne sur le clavier d’un ordinateur. C’est le cas d’Athena (Genève), précédée par ABU (Paris) et suivie de la Bibliothèque électronique de Lisieux (Normandie), entre autres. ABU: la bibliothèque universelle (ABU: Association des bibliophiles universels) voit le jour en avril 1993, à l'initiative de l'association du même nom. Ses membres bénévoles dactylographient eux-mêmes des oeuvres francophones du domaine public ou bien les scannent. Athena est une bibliothèque numérique à la fois francophone et multilingue créée en 1994 par Pierre Perroud, professeur à Genève. La Bibliothèque électronique de Lisieux est créée en juin 1996 par Olivier Bogros, directeur de la médiathèque municipale de Lisieux, avec 370 textes courts numérisés en juillet 1999.
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