Les premières bibliothèques numériques francophones débutent avec la saisie patiente de livres imprimés ligne après ligne sur le clavier d’un ordinateur.

C’est le cas d’Athena (Genève), précédée par ABU (Paris) et suivie de la Bibliothèque électronique de Lisieux (Normandie), entre autres.

# ABU: la bibliothèque universelle

La toute première bibliothèque numérique française à voir le jour est ABU: la bibliothèque universelle. Elle est créée en juin 1993 à l'initiative de l’Association des bibliophiles universels (ABU) et hébergée sur le site du CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) à Paris. Ses membres bénévoles dactylographient eux-mêmes des oeuvres francophones du domaine public ou bien les scannent. En janvier 2002, les collections comprennent 288 textes de 101 auteurs. Il ne semble pas que d'autres textes aient été ajoutés depuis.

# Athena, francophone et plurilingue

Athena est une bibliothèque numérique fondée en 1994 par Pierre Perroud, professeur au collège Voltaire à Genève (Suisse), et hébergée sur le site de l'Université de Genève. Elle propose à la fois des oeuvres numérisées par Athena (200 oeuvres depuis 1994) et des liens vers des oeuvres en accès libre sur le web.

En 1997, le site bilingue français-anglais donne accès à 3.500 textes électroniques dans des domaines aussi variés que la philosophie, les sciences, la période classique, la littérature, l'histoire, l'économie, etc. En décembre 1998, la bibliothèque offre des liens vers 8.000 textes électroniques en plusieurs langues.

Un des objectifs d'Athena est de mettre en ligne des textes de langue française (French Authors and Texts) puisque Genève est la capitale de la Suisse francophone. Une section spécifique regroupe les auteurs et textes suisses (Swiss Authors and Texts). On trouve aussi un répertoire mondial de ressources littéraires en ligne (Athena Literature Resources). Par ailleurs, Athena propose une table de minéralogie qui est l'oeuvre de Pierre Perroud et qui est consultée dans le monde entier.

Dans un article de la revue Informatique-Informations (Genève) daté de février 1997, Pierre Perroud insiste sur la complémentarité du texte électronique et du livre imprimé. Selon lui, «les textes électroniques représentent un encouragement à la lecture et une participation conviviale à la diffusion de la culture», notamment pour l’étude de ces textes et la recherche textuelle. Ces textes électroniques «sont un bon complément du livre imprimé - celui-ci restant irremplaçable lorsqu’il s’agit de lire.» Mais le livre imprimé reste «un compagnon mystérieusement sacré vers lequel convergent de profonds symboles: on le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec admiration; sa petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne; sa fragilité renferme une densité qui nous fascine; comme l’homme il craint l’eau et le feu, mais il a le pouvoir de mettre la pensée de celui-là à l’abri du Temps.»

# La Bibliothèque électronique de Lisieux