Selon Michel Muller, secrétaire général de la FILPAC (Fédération des industries du livre, du papier et de la communication), les industries graphiques françaises ont perdu 20.000 emplois en dix ans, entre 1987 et 1996, avec des effectifs qui sont passés de 110.000 à 90.000 salariés. Les entreprises doivent mettre sur pied des plans sociaux très coûteux pour favoriser le reclassement des personnes licenciées, en créant des emplois souvent artificiels, alors qu’il aurait mieux fallu financer des études fiables sur la manière d’équilibrer créations et suppressions d’emplois lorsqu’il était encore temps.

Walter Durling, directeur du grand opérateur téléphonique AT&T (États- Unis), insiste sur le fait que les nouvelles technologies n’apporteront pas de changements fondamentaux à la situation des salariés au sein de leur entreprise. L’invention du film n’a pas tué le théâtre et celle de la télévision n’a pas fait disparaître le cinéma. Les entreprises devraient créer des emplois liés aux nouvelles technologies et les proposer à ceux qui sont obligés de quitter d’autres postes devenus obsolètes. Des arguments bien théoriques alors qu’il s’agit plutôt d’un problème de pourcentage. Combien de créations de postes pour combien de licenciements?

# Des suppressions massives d’emplois

À part quelques cas particuliers mis en avant par les organisations d’employeurs, la convergence multimédia entraîne des suppressions massives d’emplois. Partout dans le monde, des postes à faible qualification technique sont remplacés par des postes demandant des qualifications techniques élevées. Les travailleurs peu qualifiés sont licenciés. D’autres suivent une formation professionnelle complémentaire, parfois auto-financée sur leur temps libre, et cette formation professionnelle ne garantit pas pour autant le réemploi.

Les syndicats préconisent pour leur part la création d’emplois par l’investissement, l’innovation, la formation aux nouvelles technologies, la reconversion des travailleurs dont les emplois sont supprimés, des conventions collectives équitables, la défense du droit d’auteur, une meilleure protection des travailleurs dans le secteur artistique, et enfin la défense des télétravailleurs en tant que travailleurs à part entière.

Malgré tous les efforts des syndicats, la situation deviendra-elle aussi dramatique que celle décrite dans une note des actes du colloque, indiquant que «certains craignent un futur dans lequel les individus seront forcés de lutter pour survivre dans une jungle électronique. Les mécanismes de survie établis au cours des dernières décennies - tels que relations de travail relativement stables, conventions collectives, représentation des salariés, formation professionnelle procurée par les employeurs et régimes de sécurité sociale cofinancés par employeurs et employés - risquent d’être mis à rude épreuve dans un monde du travail qui franchit les frontières à la vitesse de la lumière.»

1997 > UN PORTAIL POUR LES BIBLIOTHÈQUES NATIONALES EUROPÉENNES

[Résumé] Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel - acronyme de «Gateway and Bridge to Europe’s National Libraries» - est un portail trilingue offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. L’idée d’un tel site naît en 1994 lors de la réunion annuelle de la CENL (Conference of European National Librarians) à Oslo (Norvège). En mars 1995, une nouvelle réunion rassemble les représentants des bibliothèques nationales des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de Finlande, qui dessinent un projet pilote et sont rejoints ensuite par les bibliothèques nationales d’Allemagne, de France et de Pologne, suite à quoi un premier site Gabriel est lancé en septembre 1995. Lors de la réunion annuelle de la CENL en 1996 à Lisbonne (Portugal), Gabriel devient un site officiel de la CENL, avec un nouveau portail trilingue (anglais, allemand, français) lancé en janvier 1997.

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Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes.