Un autre projet d'EUROCALL est CAPITAL (Computer-Assisted Pronunciation Investigation Teaching and Learning), qui regroupe des chercheurs et praticiens souhaitant utiliser l'informatique dans ce domaine.
= La LINGUIST List
Gérée par l'Eastern Michigan University et la Wayne State University, deux universités des États-Unis, la LINGUIST List est une liste de diffusion à destination des linguistes. Les messages reçus sont classés dans diverses rubriques: profession (conférences, associations linguistiques, programmes, etc.), recherche et soutien à la recherche (articles, résumés de mémoires, projets, bibliographies, dossiers, textes), publications, pédagogie, ressources linguistiques (langues, familles linguistiques, dictionnaires, informations régionales) et soutien informatique (polices de caractères et logiciels). La LINGUIST List propose aussi un centre de documentation virtuel, dénommé Virtual Library.
Helen Dry, modératrice de la LINGUIST List, explique en août 1998: «La LINGUIST List, que je modère, a pour politique d'accepter les informations dans toutes les langues, puisque c'est une liste pour linguistes. Nous ne souhaitons cependant pas que le message soit publié dans plusieurs langues, tout simplement à cause de la charge de travail que cela représenterait pour notre personnel de rédaction (nous ne sommes pas une liste fourre-tout, mais une liste modérée: avant d'être publié, chaque message est classé par nos étudiants-rédacteurs dans une section comprenant des messages du même type). Notre expérience nous montre que pratiquement tout le monde choisit de publier en anglais. Mais nous relions ces informations à un système de traduction qui présente nos pages dans cinq langues différentes. Ainsi un abonné ne lit LINGUIST en anglais que s'il le souhaite. Nous essayons aussi d'avoir au moins un étudiant-éditeur qui soit réellement multilingue, afin que les lecteurs puissent correspondre avec nous dans d'autres langues que l'anglais.»
LES LANGUES MINORITAIRES
= La liste de Caoimhín
Contrairement aux clichés véhiculés dans les médias, l’internet ne favorise pas forcément l'hégémonie de l'anglais et n'entraîne pas la disparition des langues minoritaires. L'internet peut au contraire contribuer à protéger ces langues, s'il existe une volonté politique et culturelle dans ce sens. En témoigne l'expérience de Caoimhín.
Caoimhín Ó Donnaíle est professeur d’informatique à l’Institut Sabhal Mór Ostaig, situé sur l’île de Skye, en Écosse. Il dispense ses cours en gaélique écossais. Il est également le webmestre du site de l’institut, qui est bilingue anglais-gaélique et qui se trouve être la principale source d’information mondiale sur le gaélique écossais. Sur ce site, il tient à jour la page European Minority Languages, une liste elle aussi bilingue anglais-gaélique, avec classement par ordre alphabétique de langues et par famille linguistique.
Interviewé en août 1998, Caoimhín raconte: «L'internet a contribué et contribuera au développement fulgurant de l'anglais comme langue mondiale. L'internet peut aussi grandement aider les langues minoritaires. Ceci ne se fera pas tout seul, mais seulement si les gens choisissent de défendre une langue. Le web est très utile pour dispenser des cours de langues, et la demande est grande.»
Près de trois ans plus tard, en mai 2001, il ajoute: «Nos étudiants utilisent un correcteur d’orthographe en gaélique et une base terminologique en ligne en gaélique. (…) Il est maintenant possible d’écouter la radio en gaélique (écossais et irlandais) en continu sur l’internet partout dans le monde. Une réalisation particulièrement importante a été la traduction en gaélique du navigateur Opera. C’est la première fois qu’un logiciel de cette taille est disponible en gaélique.»