Bill Dunlap est le fondateur de Euro-Marketing Associates, une société de conseil en marketing qu'il lance en 1985 à Paris et San Francisco. En 1995, il restructure cette société en service de conseil en ligne dénommé Global Reach, le but étant de promouvoir les sites web des entreprises dans d'autres pays, afin d'attirer plus de visiteurs, et donc d'augmenter les ventes. Cette méthode comprend la traduction d'un site web dans plusieurs langues, la promotion active du site, et enfin l'accroissement de la fréquentation locale au moyen de bandeaux publicitaires ciblés.

Bill Dunlap explique en décembre 1998: «Il y a très peu de gens aux États-Unis qui sont intéressés de communiquer dans plusieurs langues. Pour la plupart, ils pensent encore que le monde entier parle anglais. Par contre, en Europe, les pays sont petits, si bien que, depuis des siècles, une perspective internationale est nécessaire. Depuis 1981, début de mon activité professionnelle, j'ai été impliqué dans la venue de sociétés américaines en Europe. Ceci est pour beaucoup un problème de langue, puisque leurs informations commerciales doivent être disponibles dans les langues européennes pour être prises en compte en Europe. Comme le web est devenu populaire en 1995, j'ai donné à ces activités une dimension "en ligne", et j'en suis venu à promouvoir le cybercommerce européen auprès de mes compatriotes américains. (…)

Promouvoir un site est aussi important que le créer, sinon plus. On doit être préparé à utiliser au moins autant de temps et d'argent à promouvoir son site qu'on en a passé à l'origine à le créer. Le programme Global Reach permet de promouvoir un site dans des pays non anglophones, afin d'atteindre une clientèle plus large… et davantage de ventes. Une société a de nombreuses bonnes raisons de considérer sérieusement le marché international. Global Reach est pour elle le moyen d'étendre son site web à de nombreux pays, de le présenter à des visiteurs en ligne dans leur propre langue, et de pénétrer le réseau de commerce en ligne présent dans ces pays.»

Bill Dunlap ajoute en juillet 1999: «Une fois que la page d'accueil d'un site est disponible en plusieurs langues, l'étape suivante est le développement du contenu dans chaque langue. Un webmestre notera quelles langues attirent plus de visiteurs (et donc plus de ventes) que d'autres. Ce seront donc dans ces langues que débutera une campagne de promotion multilingue sur le web. Parallèlement, il est toujours bon de continuer à augmenter le nombre de langues dans lesquelles un site web est disponible. Au début, seule la page d'accueil traduite en plusieurs langues suffit, mais ensuite il est souhaitable de développer un véritable secteur pour chaque langue.»

Le World Wide Web Consortium (W3C) est un consortium industriel international fondé en 1994 pour développer les protocoles communs du web. Le site du W3C propose notamment une section Internationalization/Localization, qui donne une définition des protocoles utilisés: HTML (hypertext markup language), jeux (de base) de caractères, nouveaux attributs, HTTP (hypertext transfer protocol), négociation de la langue, URL (uniform resource locator) et autres identificateurs incluant des caractères non ASCII (American standard code for information interchange). Le site propose aussi des conseils pour créer un site multilingue.

LA TRADUCTION ASSISTÉE PAR ORDINATEUR

L'internet étant une source d'information à vocation mondiale, il semble indispensable d'augmenter fortement les activités de traduction. Auteur des Chroniques de Cybérie, une chronique hebdomadaire en ligne des actualités du réseau, Jean-Pierre Cloutier déplore en août 1999 «qu’il se fasse très peu de traductions des textes et essais importants qui sont publiés sur le web, tant de l’anglais vers d’autres langues que l’inverse. (…) La nouveauté d’internet dans les régions où il se déploie présentement y suscite des réflexions qu’il nous serait utile de lire. À quand la traduction des penseurs hispanophones et autres de la communication?»

Créé à Amsterdam (Pays-Bas) par la firme Vorontsoff, Wesseling & Partners, Aquarius est le premier répertoire non commercial de traducteurs et interprètes. En novembre 1998, il comprend 6.100 traducteurs, 800 sociétés de traduction, 91 domaines d'expertise et 369 combinaisons de langues. Le site permet de localiser particuliers et sociétés et de les contacter directement, sans intermédiaire. La recherche est possible par lieu, par combinaison de langues et par spécialité.

De plus, depuis décembre 1997, des logiciels de traduction automatique sont en accès libre sur le web - à commencer par ceux de SYSTRAN sur AltaVista - et permettent de traduire en quelques secondes une page web ou un texte court, avec plusieurs combinaisons de langues possibles. Il va sans dire que la traduction automatique n’offre pas la qualité de travail des professionnels de la traduction, et qu’il est préférable de faire appel à ces derniers lorsqu'on a le temps et l’argent nécessaires. Ces logiciels sont toutefois très pratiques pour obtenir une traduction approximative en quelques secondes.

De plus en plus utilisée, la traduction assistée par ordinateur permet de coupler traduction automatique et travail du traducteur professionnel. Elle est une branche de l'ingénierie du langage, tout comme le traitement de la langue naturelle et la traduction automatique (traitée dans le chapitre suivant).