= Librairies en ligne francophones
Fondée en 1996 par Patrice Magnard, la librairie en ligne Alapage vend tous les livres, disques et vidéos disponibles sur le marché français, soit 400.000 articles, avec paiement sécurisé. Sur le site bilingue français-anglais, la recherche est possible par auteur, titre et éditeur. Le même service est disponible sur minitel (3615 Alapage).
Alapage travaille en partenariat avec la librairie en ligne Novalis (intégrée plus tard à Alapage) qui assure elle aussi la vente par correspondance de produits culturels: disques, livres, vidéos et multimédia.
En octobre 1997, les deux librairies décident de créer le premier prix littéraire francophone sur l’internet. Comme indiqué à la même date sur leurs sites respectifs: «1) C’est la première fois que l’on utilise le support internet pour organiser un vote autour d’un prix littéraire. 2) C’est la première fois qu’est constitué un jury littéraire composé d’un potentiel aussi important et diversifié de votants, fidèle reflet de la diffusion de la culture française. Ce vote est en effet ouvert à nos visiteurs de tous horizons, disséminés sur les cinq continents, qui pourront émettre leur avis sur l’ensemble des ouvrages concourant aux principaux prix littéraires de fin d’année. 3) C’est la première fois qu’est imaginé un instrument de mesure de la satisfaction du lecteur et du bonheur de la lecture, qui ne soit pas seulement un outil de mesure des ventes de livres, aussi fiable soit-il.» Un vote est organisé entre le 20 octobre et le 9 novembre 1997 auprès des internautes. Afin d’éviter les votes multiples, chaque voix n’est validée que si la fiche de vote est scrupuleusement remplie. Toute fiche double est annulée. Ce premier prix littéraire des internautes est remporté par Marc Trillard pour son roman Coup de lame, paru aux éditions Phébus.
A Alapage et Novalis vient s’ajouter une troisième librairie en ligne, Chapitre.com, librairie indépendante créée en 1997 par Juan Pirlot de Corbion. Son catalogue de 350.000 titres est complété par une bouquinerie, un choix d’éditeurs, une sélection de 1.000 sites littéraires et culturels, ainsi qu’une revue des littératures intitulée Tête de chapitre.
Contrairement à leurs homologues anglophones, les libraires en ligne français ne peuvent se permettre les réductions substantielles proposées par leurs collègues des Etats-Unis ou du Royaume-Uni, pays dans lesquels le prix du livre est libre. Si la loi française sur le prix unique du livre leur laisse peu de latitude, les libraires sont toutefois optimistes sur les perspectives d’un marché francophone international. Dès 1997, un nombre significatif de commandes provient de l’étranger, par exemple 10% des commandes pour le service en ligne de la Fnac.
Alapage rejoint le groupe France Télécom en septembre 1999 puis devient en juillet 2000 une filiale à part entière de Wanadoo, le fournisseur d’accès internet de France Télécom. Quant à Chapitre.com, il comprend désormais plusieurs secteurs: livres neufs, livres neufs à prix réduit, livres anciens, revues anciennes ou épuisées, gravures et affiches.
Alapage, Chapitre.com, la Fnac et quelques autres voient débarquer avec inquiétude Amazon.fr, la filiale qu'Amazon ouvre en août 2000 dans l’hexagone. Un mois après son lancement, Amazon.fr est à la seconde place des sites de biens culturels français, après la Fnac. La société de mesure d’audience Media Metrix Europe donne les chiffres suivants pour septembre 2000: 40.000 requêtes individuelles pour Fnac.com, 217.000 requêtes pour Amazon.fr, 209.000 requêtes pour Alapage et 74.000 requêtes pour BOL.fr, la succursale française de l'européen BOL.com (BOL: Bertelsmann On Line).
Le nombre de librairies en ligne s’avère toutefois trop élevé par rapport au marché existant. En juillet 2001, BOL.com annonce la fermeture de BOL.fr, créé deux ans auparavant par les deux géants des médias Bertelsmann et Vivendi. A la même date, les difficultés rencontrées par d’autres libraires en ligne montrent la nécessité de revoir à la baisse des prévisions quelque peu optimistes, afin de laisser à la clientèle le temps de s’habituer à ce nouveau mode d’achat.
4.2. Expériences de libraires